Monthly Archives: janvier 2016

[Entretien] Dysylumn

Composé de deux musiciens, Sébastien Besson et Camille Olivier Faure-Brac, Dysylumn est un jeune projet français qui a sorti un premier album autoproduit en 2015 dans lequel on peut y découvrir un death metal progressif teinté de black metal ! Suite à la chronique de cet album, on vous propose en complément un entretien afin de mieux appréhender ce premier album intitulé Conceptarium.

image

Lawofsun : Comme ton projet est assez récent, voudrais-tu brièvement évoquer la genèse de ce projet ? Qui sont les membres officiels de Dysylumn et qui sont les différents intervenants, car il y a plusieurs collaborations sur Conceptarium ?

Sebastien : Salut à l’équipe de Mithra! Dysylumn est à l’origine d’une suite de compositions personnelles créée en 2010, dans le but de rendre hommage à un proche décédé. Au départ, il y avait un unique morceau d’une quinzaine de minutes, j’ai demandé de l’aide à Robin Lefaure (ex Antropofago) pour la composition de batterie. Fin 2010, je me suis imaginé créer un véritable projet à partir de ces bases, et je décide de proposer à Camille Olivier Faure-Brac de rejoindre le projet en tant que batteur mais également en tant que membre officiel. Depuis ce moment là,Dysylumn compte et ne comptera que 2 membres permanents. Entre fin 2010 et la sortie de l’EP en 2013, Dysylumn a évolué lentement, le temps de laisser les morceaux prendre de la maturité, d’apprivoiser pour ma part le terrain de l’home studio, mais également de trouver un nom au projet. Sur l’album Conceptarium, il y a effectivement différents intervenants, des amis à moi qui m’ont apporté leurs idées et leurs conseils tout au long de ces cinq dernières années et  j’avais le souhait qu’ils puissent y laisser leur empreinte. Il y a tout d’abord Moise Mestriaux qui s’occupe de la guitare acoustique sur la piste Voyage astral, Robin Lefaure qui a posé quelques voix sur le morceau Réveil, Saint Freness qui m’a été de bons conseils concernant les prises de voix, m’a accompagné sur Conceptarium pt. II, ainsi qu’ Alaric Deleris (bassiste d’Antropofago) a qui j’ai demandé de poser sa basse sur Réveil, le morceau le plus “technique”. La thématique de l’album quant à elle, aborde une sorte de voyage psychologique sur fond spatial.

L.O.S. : Ton premier EP éponyme avait reçu des critiques plutôt encourageantes …Comment avec le recul perçois-tu cette première réalisation ?

Sébastien : La sortie de cet EP était une manière de montrer la pointe de l’iceberg. On savait que l’album prendrait du temps, mais on voulait tout de même avoir une petite sortie pour faire découvrir le projet, avoir des retours sur ce qui allait, ce qui fallait arranger, etc. Effectivement, nous avons eu des critiques plutôt encourageantes, ce qui a permis de nous donner un coup de motivation pour la suite. Aujourd’hui, lorsque je réécoute l’EP je m’aperçois qu’en l’espace de 2 ans, nous avons beaucoup gagné en maturité, en particulier sur la production, les enregistrements, les prises de voix, le mix, etc., ça me rendrait presque nostalgique (rires). Dans tous les cas cette sortie a été nécessaire pour notre évolution.

Camille : Les conditions d’enregistrement de l’EP n’étaient pas idéales du tout, mais on voulait tout de même sortir quelque chose avant l’album, lancer le projet en gros.  Je suis bien sûr content de la réponse positive qu’a eu l’EP, mais pour moi ça reste une esquisse comparé à l’album, ça me rend un peu nostalgique aussi (rires).  Depuis ce temps il s’en est passé des choses et Dysylumn a beaucoup évolué, autant au niveau musical, qu’en terme de qualité de production, que dans son concept…arium (rires).

image

(Crédit photographique : Lambrith)

L.O.S. :  La musique de Dysylumn est assez délicate à décrire car tu fais appel à plusieurs sous-genres du metal extrême, mais il me semble que tu parviennes malgré tout à proposer des compositions cohérentes…Où puises-tu tes influences et surtout comment fais-tu pour trouver l’agencement de tes compositions ?

Sébastien : C’est en effet délicat à décrire, lorsque j’ai commencé les premières compositions j’étais encore guitariste dans Antropofago – coucou Gordon –  évidemment j’étais orienté vers un registre death technique dans mon jeu, ce qui se ressent sur certains passages de l’album. Durant ces 5 années, mon approche musicale a évolué, les compositions ont donc été impactées, parfois certains riffs, parfois des morceaux complets.Camille a été d’une grande patience, à force de modifications sur mes parties de guitare sur la dernière année.Concernant mes influences, j’attache une très grande importance à la scène death occult : GraveMiasmaLvcyfireBolzerIrkallian Oracle, Hadit, … mais également aux scènes black occult : Blut aus Nord, Misþyrming, Mannveira, Serpents Lair, Ill Omen, …et USBM : Lluvia, Yellow Eyes, Rhinocervs, Tukaaria, Arizmenda, Kuxan Suum.On peut grossièrement dire que je tire mes influences de ces scènes, alliées à un passif death technique et une touche personnelle…Le reste vient tout seul, je ne cherche pas à reproduire tel groupe ou tel morceau lorsque je compose.

L.O.S. :  Comment s’est déroulé l’enregistrement de ton premier album, Conceptarium ? Combien de temps as-tu passé dessus ?

Camille : L’enregistrement de ce premier album à été un processus long et fastidieux ! Comme je vis en Allemagne et Sébastien en France on a dû se répartir les tâches : j’ai commencé par enregistrer toutes les parties de batterie dans ma salle de répétition à Munich, pendant l’été 2014. Pour cela Gernot Fritze m’a aidé à installer les micros et m’a prêté quelques pré-amplis, ensuite je me suis cloîtré dans ma salle de répétition et j’ai enregistré la totalité de la batterie en 4 jours.

J’ai tout fait tout seul à ce niveau, ce qui était assez pratique parce que je pouvais gérer mon temps comme je le voulais, enregistrer de nuit,… À partir de là j’ai commencé à mixer tranquillement la batterie dans mon studio personnel pendant que Sébastien a commencé à enregistrer ses prises de guitares chez lui. Nos vies personnelles ont été tumultueuses pendant cette année là, j’ai déménagé quelques fois entre temps. Sébastien aussi d’ailleurs, donc on a décidé de prendre notre temps et de bien faire les choses. Mais le projet avançait malgré tout, doucement mais sûrement. Sébastien m’envoyait ses prises de guitares, basse et chant et je les importait dans le projet pour les mixer. Vers le début de l’été 2015 on avait tout et j’ai pu commencer à mixer pour de bon. J’ai passé quelques semaines de l’été dans mon Studio à mixer l’album. Ensuite on a envoyé le mix à Vamacara pour le master.

image

(Pochette de l’album Conceptarium –  autoproduction – 2015)

Sébastien : De mon coté, j’ai commencé les enregistrements des parties de guitare début 2014, Camille m’a envoyé ses parties de batterie à la fin de l’été 2014. Puis après avoir laissé “macérer” tout ça pendant quelques mois, je me suis pris de folie à vouloir réenregistrer certains morceaux, voir même à les recomposer entièrement à partir de la batterie existante. C’est le cas des morceaux Esclave Céleste, Agonie et Nébuleuse qui n’ont absolument rien à voir avec les versions d’origine. Cette “folie” a duré jusqu’en Mars 2015. Suite à cela je me suis occupé des prises de chant, le contexte était particulier, une connaissance a eu la gentillesse de me laisser l’accès à son sous-sol pendant 1 mois et demi :

micro suspendu, ordi, carte son, reverb’naturelle, 8/6 et quelques copains rats m’ont accompagné durant ces sessions…

L.O.S. :  Envisages-tu de te produire sur scène avec Dysylumn ?

Sébastien : Au départ, je souhaitais que Dysylumn reste un projet studio, mais depuis peu l’idée me trotte en tête…Dans tous les cas, pour l’instant je pense que ça va être difficile à mettre en place, Camille est en Allemagne et moi en France, il faudrait également recruter des musiciens de session.Mais on ne sait jamais de quoi la vie va être faite, je garde l’idée précieusement dans un coin pour l’instant.

Camille : Comme le dit Sébastien au départ l’optique du projet n’était que de produire l’album. À l’époque on avait pas d’autres perspectives que Conceptarium. Mais, maintenant avec la réception positive de l’album, et de futurs projets d’enregistrement, beaucoup de gens nous ont demandé si on allait faire des concerts un jour. Pour ma part j’en serais plus que ravi ! Après, d’un point de vue logistique et géographique, ce n’est pas très facile étant donné qu’on habite dans deux pays différents. Ensuite Sébastien à son boulot et moi j’étudie, donc ça sera dur de trouver le temps. Mais qui sait, ça serait cool de faire des concerts!

 L.O.S. :  Tes deux premières productions sont des autoproductions, pour la suite souhaites-tu rester dans ce cadre ou plutôt une signature sur un label serait-un objectif à atteindre pour Dysylumn, sachant que ton album bénéficie tout de même d’une édition cassette sur le jeune label Solar Asceticists
Productions ?

Sébastien : Je continuerai les sorties en autoproduction tant qu’un label intéressant ne nous fera pas signe. En attendant, j’aime beaucoup le coté gestion du projet (échanges avec le graphiste, l’imprimeur, gérer les envois, démarcher les webzines, etc…), mais si Dysylumn commence à prendre plus de notoriété effectivement je ne pourrais pas continuer à tout gérer dans mon coin.L’édition cassette chez Solar Asceticists Productions est une bonne chose, c’est un label passionné et ça se ressent, à l’avenir je compte rester chez eux pour les sorties cassette… s’ils nous acceptent toujours… (rires).

 

image

(Version cassette de l’album Conceptarium – Solar Asceticists Productions –  2015 – Crédit photographique : Solar Asceticists Productions)

 L.O.S. : La version cassette de Conceptarium possède un habillage (pochette, présentation, etc.) diffèrent, comment et pourquoi avoir mis en place
cette présentation alternative ?

Sébastien : Au départ j’ai demandé au graphiste, Quentin Huot, s’il pouvait me faire un gabarit cassette avec les mêmes visuels que sur le CD, mais entre temps après divers échanges avec Carl de chez Solar, on s’est dit que ce n’était pas vraiment adapté au support. On s’est donc orienté vers quelque chose de plus minimaliste, c’est “M” qui s’est chargé de l’illustration de la pochette et Lambrith de l’illustration intérieure, de la photographie ainsi que de la mise en page.

 L.O.S. :  Il me semble que la version CD de l’album s’est plutôt bien vendue, envisages-tu une réédition ?

Sébastien : Pourquoi pas, mais ce ne sera pas géré en autoproduction cette fois-ci.

 

image

(Crédit photographique : Lambrith)

 L.O.S. :  Quels sont tes projets pour Dysylumn à plus ou moins long terme ?

Sébastien : Nous travaillons actuellement sur un split, rien d’annoncé officiellement donc je ne dévoilerai pas le groupe qui sera présent avec nous. Pour la suite nous continuons à composer, l’idée serait de faire un ou deux EP avant de se lancer sur un nouvel album. Bref, de beaux projets à venir !

 L.O.S. :  Je te remercie pour cet entretien et je te laisse le mot de la fin…

Sébastien : Un grand merci à l’équipe de Mithra ainsi qu’aux différents acteurs qui nous ont permis d’avancer.

Camille : Merci à toi et à tous ceux qui nous ont aidés et soutenus !

 

Retrouvez Dysylumn et le label Solar Asceticists Productions sur la toile :

Dysylumn : Facebook

Solar Asceticists Productions : Facebook

Par LawOfSun. Entretien réalisé par échange de courriels entre décembre 2015 et janvier 2016.