Monthly Archives: juin 2016

[Entretien] Lisieux

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Pour faire suite à notre chronique de la démo de Lisieux sortie sur le label Solar Asceticists Productions, nous vous proposons  de mieux faire connaissance avec ce jeune groupe grâce à cet entretien avec Cindy Sanchez.

Sur votre page Facebook vous avez mentionné deux membres, alors que l’on peut voir sur la vidéo de votre concert à La Mécanique des Fluides à Toulouse que vous êtes quatre sur scène…Pouvez-vous nous éclairer sur la composition de Lisieux ? Depuis combien de temps existez-vous ? Et, pourquoi avoir choisi ce nom pour représenter votre musique ?

Cindy Sanchez : Hugo et moi avons commencé à jouer ensemble il y a quelques années. À la base nous avions un projet de “synthwave” instrumentale très inspirée de G.Moroder, de Carpenter… Le projet folk a démarré fin 2014, à l’époque où je commençais à apprendre les quatre accords de guitare clés qui me permettraient de reprendre toute la discographie de Death In June. Les premières compos, l’idée de s’enregistrer et d’ouvrir un Soundcloud pour les copains sont venues tout de suite. Lisieux c’est avant tout un projet studio, nous ne jouons pas vraiment ensemble, nous préférons bidouiller sur Ableton enfermés toute la journée dans une chambre. Par conséquent, quand est arrivée la problématique des concerts, il a fallu trouver des gens pour nous aider à retranscrire l’atmosphère de la démo sans avoir recours à trop d’artifices et de playbacks. C’est ici qu’interviennent Kevin (percussions, synthétiseur) et Sophie (choeurs).

Pour ce qui est de notre nom de groupe, c’est une référence à Sainte-Thérèse de Lisieux comme vous devez vous en douter. Hugo et moi, sans être religieux pour autant sommes depuis longtemps très admiratifs des arts sacrés. La religion et son esthétisme nous intriguent. Il y a quelque chose d’enchanteur, de fantastique et de morbide à la fois. C’est ce qu’on essaie d’exprimer dans notre musique.

Vous êtes localisés à Toulouse et à Angoulême… Comment vous organisez-vous pour composer et pour enregistrer ?

C.S. : Nous vivons tous les quatre à Toulouse. Hugo et moi venons d’Angoulême, c’est la ville dans laquelle nous avons grandi et nous y retournons régulièrement.

Le processus de création est assez simple, je compose les morceaux chant/guitare puis nous passons directement à la phase enregistrement, mixage. Hugo trouve ses lignes de basse, c’est aussi lui qui gère tout ce qui est percussions. Le reste du temps, nous bataillons pour faire trois Pouëts au synthé et nous nous relayons sur le mix. À deux, c’est très facile de s’organiser.

Votre musique évolue entre le neofolk et des éléments plus indies…Quelles sont plus précisément vos influences ? Quels sont vos albums de chevet ?

C.S. : Nos goûts musicaux sont très éclectiques. Disons que nous avons tous les deux beaucoup de groupes favoris en commun, peut-être ce qui nous différencie le plus ce sont les influences “folk à maman” de mon côté (Sybille Baier, Vashti Bunyan, Linda Perhacs)  et électroniques du sien (Aphex Twin, Muslimgauze). Pour ma part, j’ai vraiment beaucoup écouté The Brown Book de Death In June, Remember Your Black Day de Vatican Shadow, The Cult Is Alive de Darkthrone, The Ecstasy Of Saint Teresa de Docetism ou encore les premières démos de Cocteau Twins. Pour Hugo il vous dira : LustmordThe Place Where The Black Star Hang, Dead Can DanceSpleen and Ideal, MuslimgauzeMullah Said, Prurient Bermuda Drain, Deathspell OmegaSi Momentum Requires, Circumspice, My Bloody ValentineLoveless.

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Dans ma chronique j’ai mis en avant le côté “enchanteur” de votre musique, est-ce selon vous un marqueur important de votre identité musicale ? Quelles sont les thématiques que vous abordez dans vos chansons ?

C.S. : C’est un terme qui nous convient dans la mesure où on ne nous compare pas à un groupe fan d’heroic fantasy, mais je crois que l’on s’est compris. Les paroles, par exemple, abordent souvent des thématiques abordant l’oppression religieuse, le déisme, la quête, il y a des histoires qui font peur, des contes, bref nous parlons de notre rapport au monde, à la mort. Elles représentent nos sources de rêveries et de hantises. Nous sommes parfois plusieurs à aborder ces thématiques, nous aimons faire intervenir de très bon amis dans la phase d’écriture.

Cindy, vous êtes étudiante en cinéma et il semblerait qu’Hugo ait une formation de dessinateur… En quoi ces deux domaines vous influencent dans le processus créatif de Lisieux ?

C.S. : Cela fait quelques années que je ne suis plus étudiante et que le cinéma est loin derrière moi, mais j’admets avoir été beaucoup influencée par les films,  j’ai d’ailleurs souvent une vision très imagée d’une chanson, presque cinématographique, qui doit venir de là. Hugo a aussi cette approche assez visuelle de la musique, l’évocation par le son est un fil rouge dans ses références et son approche du mix.

Pour terminer, j’aimerais savoir quels sont vos projets pour les mois à venir ?

C.S. : Nous enregistrons actuellement une nouvelle démo qui devrait être plus cohérente que ce que nous avons fait précédemment, car notre premier EP est en vérité une compilation de chansons plus qu’un album. L’idée c’était juste de composer des morceaux qui nous passaient par la tête et de les balancer au fur et à mesure sur Soundcloud. Nous avons aussi plusieurs propositions de concerts pour l’an prochain, il va donc falloir répéter car la formation live de Lisieux s’éloigne un peu de la version studio. Ce qui nous intéresse c’est aussi de faire en sorte que Kevin et Sophie, qui sont bourrés de talent, rajoutent leur patte au projet, au moment des concerts, et ainsi proposer une version alternative et plus spontanée de notre musique.

Lisieux : Facebook

Par LawOfSun. Entretien réalisé par échange de courriels en juin 2016.

 

[Entretien] Dolven (neo-folk/ acoustic doom metal – États-Unis).

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Voici un entretien de Nick Wusz, le guitariste et compositeur de Dolven.

 

Votre premier album est sorti en décembre, l’année dernière, sur Goat Prayer Records. Ainsi, vous êtes un jeune projet, pouvez-vous présenter votre groupe à nos lecteurs?

Nick Wusz :Dolven est originaire de Portland (Oregon) et consiste en Nick Wusz (guitare), Henry Lauer (chant), Tim Call (batterie) et Jason Walton (bass). J’ai écrit ces chansons sur une guitare acoustique en voyageant avec l’intention de trouver un groupe pour aider à “électrifier” les chansons, et de les enregistrer  la façon d’un groupe de doom metal traditionnel. Alors que j’entamais le processus j’ai réalisé à quel point le naturel et l’émotion étaient sacrifiés avec les guitares électriques, ainsi l’étiquette “Acoustic doom” était née. Avec l’aide d’amis talentueux Jason (Agalloch, Self Spiller), Henry (Ironwood, Weather Veins) et Tim (Mournful Congregation, Weregoat, Nightfell, etc etc), j’ai été capable de donner vie ce projet. Je suis très heureux de comment tout s’est déroulé.

Vous mixez des influences neofolk et doom metal…Vous jouez une musique que vous décrivez comme de l’ “acoustic doom metal », quelles sont vos principales influences pour créer une musique si captivante ? 

Nick Wusz :J’ai toujours aimé les groupes de doom épique avec un chant clair comme Solitude AeturnusWarning, Candlemass et Doomsword. J’aime aussi des groupes de neofolk comme Neun Welten, Sol Invictus, Tenhi, Rome, et en particulier l’album d’Ulver, Kveldssanger. Ainsi, la combinaison de ces deux genres était vraiment naturelle pour moi. Quand je joue de la guitare c’est principalement, sur une guitare acoustique, j’aime son son, et sa portabilité. J’ai tendance à graviter autour d’une sombre musique “doomy” et mélancolique. Les chansons sur  Navigating the Labyrinth sont toutes le résultat de moments d’intimité avec ma guitare dans un sombre lieu à la fois mental et physique.

Votre album traite de la thématique du labyrinthe, en particulier du mythe de Thésée, est-il capital pour vous d’enraciner votre art profondément dans un héritage culturel ? En tant qu’américain quel est votre relation personnelle avec l’Europe ? 

Nick Wusz : Étant originaire d’un jeune pays comme les États-Unis, nous regardons souvent vers notre ascendance culturelle. Pour moi, c’est l’Europe. J’ai vécu en Europe pendant quatre ans, j’y voyage assez souvent, et depuis mon jeune âge je suis passionné par son histoire et sa musique. Pour ce projet, j’ai écrit des paroles au sujet de ma vie, comment elle peut être difficile submergée par la souffrance, et comment peu importe nos efforts il y aura toujours des obstacles et des difficultés sur nos chemins. J’ai réalisé que la maturité réside dans le fait d’accepter ces événements et sachant que la vie est souffrance, et qu’elle ne cessera jamais, alors j’ai appris à  composer. Le mythe de Thésée et du Minotaure dans le labyrinthe en est, je pense, une bonne métaphore.

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Nick, Henry, Jason, Tim. (© Dolven)

 

Beauté, nostalgie, et noblesse sont les mots qui viennent à mon esprit quand j’écoute votre album…Quel est leur importance dans la musique de Dolven ? 

Nick Wusz :Nous pouvons apprendre de notre passé. Il est possible de méditer sur ce qu’il nous est arrivé, et de changer nos vie pour le meilleur. Nous sommes apparemment entouré par le chagrin, la souffrance et l’obscurité…Cela prend beaucoup de patience et lucidité pour voir le lumière dans le monde. J’ai l’impression de pouvoir facilement voir l’obscurité, le défi est de voir la lumière qui est dans les failles de toute cette obscurité, et de se concentrer dessus. C’est là que l’amour, la compassion et la libération résident. Cela me donne un sentiment de force…..Regarder nos démons intérieures dans les yeux est la chose la plus courageuse que les Hommes peuvent faire. C’est ce que je tente de faire avec la musique et l’imagerie de ce projet.

Que prévoyez-vous pour Dolven ? 

Nick Wusz :Parce que la vie est si chargée avec les autres groupes, les familles et les responsabilités normales de la quarantaine, jouer dans les conditions d’un concert n’arrivera pas. Ainsi, nous sommes uniquement un projet studio. J’ai beaucoup de matériel, et j’espère publier un autre album bientôt.

Maintenant, vous pouvez ajouter ce que vous souhaitez…

Nick Wusz :Merci beaucoup pour l’interview. Un remerciement en particulier pour Terry de Goatprayer Records pour le soutien.

Dolven : Facebook

Goat Prayer Records : Facebook

Par LawOfSun. Entretien réalisé par échange de courriels en mai 2016.

[Chrönique] Hercynia Silva – Dyeus pater – 2016

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Autoproduction

France

Dark alternative/post-punk/rock

CD

 

Deuxième album pour ce duo (Alban Blaising et Fabrice Bernardin) originaire de Lorraine qui revendique l’influence de groupes comme : Paradise Lost, Spear of destiny, Solstafir, ou encore Depeche Mode