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[Chrönique] Scythe – Blades Of Forgiveness – 2016

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Bestiarie

black noise/industrial

Cassette

Peu d’informations sont disponibles sur ce projet qui demeure, donc, jusqu’à présent paré d’une aura mystérieuse ! Mentionnons le visuel accrocheur de la cassette comme porte d’entrée dans un univers torturé et malsain, et qui place cet album en filiation avec le type de la persécutée mis en avant par Mario Praz dans La Chair, la mort et le diable dans la littérature du XIXème siècle. Le Romantisme noir – on notera que la qualité de la présentation des sorties de ce label est une constante au point d’en faire des objets intéressants pour les collectionneurs de belles pièces.

Quatre pistes constituent Blades Of Forgiveness, dont deux font plus de 16 minutes ; les deux autres dépassant quant à elles les 6 minutes. Impossible de ne pas penser à Abruptum à l’écoute de ces compostions intransigeantes de black noise, mais la particularité du son de Scythe est d’avoir un impact que l’on pourrait qualifier de plus psychologique dans son effet de nuisance, car passé le stade premier d’une agression manifeste, où il est bien difficile malgré la présence de guitares de discerner autre chose qu’une masse labyrinthique de sons qui résonnent comme autant de punitions impitoyables – cela est spécifiquement palpable sur la première piste Streams of a Fading Whore.

Il apparaît  dans un second temps que Scythe sait aussi installer des atmosphères en prenant le soin de faire émerger l’enfer dans notre conscience sans saturer  dans sa totalité le spectre sonore, mais plutôt par le fait de favoriser une sorte d’envoûtement sadique comme si Scythe voulait nous convertir – de force –  à la jouissance des cendres (A room empty but full).

D’autre part, la nature de Scythe est plus industrielle que celle d’Abruptum. On pensera au passage où un piano minimaliste se mêle à des sifflements typiques de la scène noise/power electronics sur Isolation – ce morceau est d’ailleurs dans sa première partie constituée par des field recordings. Mis à part ces quelques passages moins remplis par une abondances de sons, et nécessaires à la respiration de ces compostions, la teinte dominante est celle qui est imposée par une lourdeur chaotique et désespérée.  Cette dernière n’est pas le fruit d’un travail bâclé, il faudrait plutôt y voir la réussite d’une construction plus fine et plus “intellectualisée” que ne le laisse paraître la sensation d’ensevelissement qui est transmisse lors d’une écoute superficielle.

 Blades Of Forgiveness  est clairement un album mal intentionné, à ne pas mettre entre toutes les oreilles, qui applique littéralement la fulmination édictée par Pinhead dans Hellraiser :«We’ll Tear Your Soul Apart!». Le plaisir ressenti à son écoute pourrait être apparenté à une sorte de Schadenfreude, ce qui en fait un album recommandé aux amateurs, du déjà nommé Abruptum, de Zoloft Evra, de Satanismo Calibro 9 ou encore à ceux de Sektarism !

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(© Bestiarie)

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