[Chrönique] Black Altar / Beastcraft – Winds ov Decay / Occult Ceremonial Rites – Split – 2017.

 

Odium Records

Black metal

CD

Pologne / Norvège

Le démon du black metal est fâché : après des années passé à observer son courant artistique iconoclaste se détourner du chemin de la damnation à cause de sous genres trop « hipsterisés » et de leurs disciples mous du martinet, il a dépêché son fidèle lieutenant encapuchonné Shadow afin de remettre un peu d’ordre dans la fosse à cochon à grand renfort de corpse paint, de bougies noires et d’yeux révulsés.

Black Altar, c’est un peu comme un concentré de toute l’imagerie traditionnelle du genre avec son cortège de crasse et son grand-guignolesque assumé. La formation d’origine polonaise n’est pas récente cependant : créée en 1996 par ledit Shadow, elle débute sous la forme d’une démo intitulée Na Uroczysku… sortie en 1997 et qui fera connaître le groupe aux oreilles initiées. De nombreux musiciens vont se succéder dans le projet mais aucun ne va rester très longtemps car son gourou semble très exigeant sur le plan musical et idéologique, ne s’embarrassant pas de la moindre déviance dans sa ligne directrice artistique. Après un long parcours et des sorties d’albums assez sporadiques, Black Altar, devenu one-man-band londonien entre temps, revient aujourd’hui sous la forme d’un split avec Beastcraft intitulé Winds ov Decay / Occult Ceremonial Rites sorti en 2017 et accompagné d’une vidéo du titre phare de l’opus, Tophet. Un certain nombre de guest stars sont également de la partie, tel que James Steward (Vader), V. Priest (Acherontas), Acerbus (Ondskapt) et Nihil (Furia) à la production.

Mais n’oublions pas l’autre complice de cette escapade sonore malsaine qu’est Beastcraft : créé en 2003 et venu de Norvège, le one-man band de Sorath Northgrove n’est clairement pas là pour jouer les seconds couteaux et compte bien nous servir son black old school et primitif sur toute la seconde moitié de l’album.

Black Altar assène le premier coup et le morceau d’ouverture pose l’ambiance de l’album, enchainant ensuite sur le hit Tophet, qui se verra remixé plus loin par PreEmptive Strike 0.1 . Une bonne gifle. La prod est étonnamment nickel, les riffs teintés death/heavy nous font mordre la poussière et la batterie nous sert des blast beats dévastateurs. La voix de son côté se place tantôt comme une sombre litanie, tantôt comme un hurlement écorché dans la plus pure tradition du genre. Qu’importe le style, les noires incantations font leur effet et on encaisse cette grosse dose de violence avec plaisir. On poursuit l’aventure dans la même veine avec les titres Winds of Decay et Pentagram, puis une outro grandiloquente vient clôturer cette moitié d’album géré par Black Altar, qui passe la main ensuite à son comparse Beastcraft.

Une fois le flambeau récupéré, le norvégien va tout de suite annoncer la couleur par une introduction des plus malsaine et décharnée, enchaînant après sur le titre Deathcraft & Necromancy. Le son est plus sale et les compositions restent plus classiques mais toujours efficaces, alternant parties lancinantes et plans rythmiques plus rapides. L’œuvre se poursuit suivant ce schéma avec le reste des titres de Beastcraft et vient s’achever sur …In Thy Glory, ode malicieuse et torturée clôturant cet album.

Le résultat est plutôt bon, de temps en temps l’album peut laisser un sentiment un peu « patchwork » tant les écarts de production et de sonorité peuvent être grands, mais c’est bien là le principe de ce split sans concession qui vomit sa haine et sa violence par le biais de ses deux prophètes noirs Shadow et Sorath et de leurs acolytes. Le rituel est accompli et le pari est gagné pour eux. Un album à recommander à ceux qui aiment les classiques de Dissection et Darkthrone.

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FSV

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