Category Archives: Chrönique

[Chrönique] Paradox Obscur – Artifact – Album – 2017

Young & Cold Records

Minimal synth / Cold wave

Grèce

Vinyle

Les Hellènes de Paradox Obscur, Kriistal Ann et Toxic Razor, sont de retour pour notre plus grand plaisir avec un troisième album qui fait suite à un excellent EP, Ατραπός, sorti en 2016. Si l’on pouvait reprocher au précédent album d’être un peu trop linéaire et redondant sur la longueur, Artifact quant à lui apparaît comme un album plus varié, mais toujours marqué de la personnalité propre à Paradox Obscur : des synthés retros et minimalistes aux mélodies mélancoliques et bien sûr le chant ensorcelant et singulier de Kriistal Ann ! L’album démarre avec le catchy Twilight qui est typiquement le genre de titre que l’on peut attendre du duo : un morceau entêtant à l’aura nocturne comme son nom le laisse deviner. D’entrée de jeu, on sent que les deux musiciens ont voulu rassurer leurs auditeurs les plus dévoués.

[Chrönique] The Nihilistic Front – Procession To Annihilation – Album – 2013

Aesthetic Death

Doom / Death metal

Australie

CD

Périple au milieu des décombres encore fumants d’une cité dévastée par les feux impitoyables de la barbarie moderne, Procession To Annihilation est le quatrième album des Australiens de The Nihilistic Front. Constitué de quatre pistes pour une durée de 45 minutes : les secondes s’étirent à l’image, que l’on peut se figurer, de la perception du temps qui passe sous un bombardement. Hermétique, cet album avance sous l’étendard de l’ “EXTREME FUCKING DOOM” – étendard mis en avant dans le livret, telle une procession de foi -. Répétitif dans le bon sens du terme car hypnotique, lourd comme jamais, monochrome car noyé sous des nuages de poussière et monocorde : une voix death/doom domine ; c’est ainsi qu’apparaît cet album au premier abord. Mais, certains détails viennent nuancer l’ensemble et adjoindre du piquant  : des envolées rythmiques typiquement death metal – toujours placées aux moments opportuns – , des samples et quelques voix claires déclamées apportent un côté quelque peu narratif aux compositions, des hurlements plus criards sont aussi de la partie et ajoutent une dose d’horreur au tableau.  The Nihilistic Front possède une vision du doom certes poussée à l’extrême, mais elle ne prend pas exactement l’apparence du funeral doom, car le duo choisit plutôt de lui adjoindre des influences metal indus en particulier celle de Godflesh. En cela on peut conseiller cet album aux auditeurs d’Autokrator, par exemple. Sombre, amer et sans concession, Procession To Annihilation ne laisse pas indifférent tant il sait nous prendre à la gorge pour ne nous rendre la liberté qu’une fois exsangue. Implacable !

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L.G.

 

[Chrönique] Vlimmer – Randow (Original Soundtrack) – Album – 2017

Blackjack Illuminist Records

(Dark) Ambient / Drone / Electronica

Allemagne

CD / Cassette / Numérique

Randow, est un petit village imaginaire perdu au milieu de la forêt, à l’écart du temps, du monde. C’est dans cet endroit semblant tout droit né de l’esprit de David Lynch ou H.P. Lovecraft que le trio allemand, Vlimmer, nous fait explorer ses rues et coins sombres, nous y rencontrons les âmes qui y vivent, tantôt accueillantes (Spuren, Walddämmerung), tantôt étranges (Biologie, Keiderweiss), tantôt inquiétantes (Rotschimmer, Einsankeit), voire sombres (Taubentod). Délaissant ses rythmiques synthétiques et post-punk habituelles Vlimmer, nous présente avec Randow un album d’une grande richesse sonore, aux atmosphères et ambiances évocatrices.

[Chrönique] Mekigah – Litost – Album – 2014

Aesthetic Death

Experimental / Dark ambient / Doom metal / Noise

Australia

CD

It is unusual, after years of traipsing through the dark and blackened world of experimental music, to find instances that contain the power to shock, surprise, or terrify. The occasions that this has happened for me are few and far between:

  • The first time hearing Attilla Csihar reciting from the Srimad Bhagavatam on Sunn O)))’s Decay 2 [Nihils’ Maw]

  • Witnessing Chip King from The Body’s inhuman yelp live.

  • The panicked breaths and unrecognisable clinking of the Multi Para Vacuous Movement remix of Removed by No Movement, No Sound, No Memories.

  • and being introduced to Alan Dubin’s demented, demonic, and paranoid wailing on Khanate’s Things Viral.

With headphones on, Mekigah’s opening track – Total Cessation of Oneelicited a similar chilling response. With its obfuscated whispers and dense cinematic swells undercut by sinister chords, spines cannot help but tingle. Following on from this is The Sole Dwelling which arrives with shuddering distorted slabs and ends with a plea to “Just let me sleep”.

[Chrönique] Otto Lindholm – Alter – Album – 2017

Gizeh Records

Experimental / ambient / drone

Belgique

Vinyle

Label indépendant basé à Manchester et traçant son chemin en toute discrétion, Gizeh Records est néanmoins en passe de devenir un acteur majeur, voire incontournable dans la sphère des musiques dronisantes, expérimentales et classiques contemporaines. Ce label commence à se tailler une réputation méritée grâce notamment à la réalisation d’albums parus dans de beaux formats (CD et vinyle). On retiendra notamment les opus d’Aidan Baker, de Nadja et de Loscil pour les plus célèbres. Alter d’Otto Lindholm est une de ses dernières productiions en date.

[Chrönique] Marrach/Bad Poet/Chtin Mara – love low – Album – 2017

Attenuation Circuit

Experimental/Noise/Drone/Spoken Word

CDr

Lithuanian musician and visual artist, Martin Rach, exists outside of populist genre movements. Whilst this, his third release for Attenuation Circuit, encompasses aspects of noise, free jazz, and avant-garde electronics, it flits and flirts with these definitions. Never succumbing to the trappings of one convention or another. These are love songs from another place. Specifically, the other place found in Twin Peaks. It is as if the red-suited dwarf has been reinterpreting Sun Ra’s interplanetary sounds backwards, forwards, and then backwards again. Before slowing them right down and allowing a Parisian Attila Csihar to croon through blue smoke.

[Chrönique] Non- – S/T – EP – 2017

 

Distant Voices

Post Black/Blackgaze

USA

CDr

Non-’s track titles talk of the past and mistakes made. Things that cannot be undone. And, indeed, this is echoed in the various contemplative moments on this self-titled record. Guitars saturated in longing and grief divide up break-neck blast beats. Boston’s Jack Whelan has an ear for the grand and epic, particularly when it comes to vocal performances. On Absent, the terrifying wailing often associated with The Body is brought to mind. There is also something of Envy’s Tetsuya Fukagawa in Whelan’s delivery. Yearn sees pining vocals vibrating against manipulated synthesisers whilst a thunderous beat coolly tattoos along.

[Chrönique] Ketch – The Anthems Of Dread – Album – 2016

Aesthetic Death

Post-Doom

Etats-Unis

CD

Sorti exclusivement en version digitale et passé inaperçu en 2016, ce premier album des Américains de Ketch bénéfice d’un petit « dépoussiérage », grâce aux soins d’Aesthetic Death. Labélisé de manière très réductrice « sludge », le groupe du Colorado se distingue des hordes crasseuses qui évoluent dans ce style en adoptant une démarche plus personnelle. C’est à dessein que le terme « dépoussiérage » se trouve entre guillemets : la rugosité qui sied aux productions du genre est bien présente. On se sent à tout moment transporté vers les plaines rocailleuses du continent nord-américain, le riff gras n’étant pas sans rappeler Kyuss.  Mais Ketch brouille les cartes en ajoutant une dimension mélancolique omniprésente, que l’on qualifiera volontiers de « doom », avec quelques leads qu’on entendrait bien sur un vieux Paradise Lost (sur  Distant Time ou En Nomine Eius, par exemple). Le chant est écorché et ne dépareillerait pas sur un album de black norvégien, comme d’autant plus il ne verse pas dans les bassesses du death metal. Très porté sur les descentes de toms et les cymbales et une caisse claire très « métallique », le batteur évolue dans un registre proche de celui des maîtres du « post-metal » que sont Cult Of Luna ou Isis. Une collection d’influences vaste, mais parfaitement digérée, pour un premier album déjà très personnel et totalement enthousiasmant !

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AsCl3

[Chrönique] Downcast Twilight – Under The Wings Of The Aquila – Album – 2016

 

Stygian Crypt Productions

Melodic death / Folk metal

Royaume-Uni

CD

C’est du côté de l’Angleterre que le label russe Stygian Crypt a jeté ses filets. Bien lui en a pris, car il ramène de cette pêche en eaux troubles le premier album de Downcast Twilight. Sans être une totale merveille, ce premier album s’avère captivant de bout en bout. La production est claire et puissante, le death mélodique mâtiné de folk présenté ici, est très réussi. À la description du style, on pense inévitablement à Eluveitie. Dire que la tribu helvète a marqué le collectif britannique serait une euphémisme.

[Chrönique] ThrOes – The Viper Womb – Album – 2016

Aesthetic Death

Avant-garde extreme metal

CD

Australie

Paru en 2016 chez les Anglais d’Aesthetic death, ThrOes nous offre ici son premier coup d’essai. Trent Griggs se charge de la majeure partie des sections instrumentales, mais il est aussi entouré de deux compères : James Ludbrooke et Kevin Talley. Conceptuellement le groupe prend racine dans ce qu’il est convenu d’appeler l’occultisme en particulier dans ses tendances philosophiques, la cosmologie thelema, l’érotisme luciférien (incarné d’ailleurs par le visuel de l’album, très aguicheur) et que sais-je encore… Musicalement le groupe sillonne aisément entre le heavy, le death metal technique, et même un côté punkcore, le tout étant surmonté par des parties vocales incontestablement black metal et un esprit assez proche des premiers Anathema ( The Crestfallen ), Katatonia ( Dance of december souls ), Paradise Lost ( Gothic ). Cet album développe une sensibilité macabre, très noire et inquiétante, on se trouve perdu quelque part dans un monde désenchanté, de perdition, brumeux et angoissant. Les titres s’enchaînent en égrainant sans relâche des sonorités tranchantes, décapantes et puissantes, parfois lourdes et groovy. Le groupe alterne avec brio mid-tempo plombant, lancinant et des parties plus furieuses et endiablées. Des parties de guitare solo sont présentes ; elles sont efficaces et bien senties. Le chant typiquement black et suraigu peut faire songer aux outrances vocales de Thy Antichrist, Darkened Nocturn Slaughtercult, entrecroisant parfois des techniques de growling plus proche du death metal ou du grindcore (Napalm Death, Suffocation…)… À mon goût celui-ci est trop mis en avant dans le mix final au point d’encombrer parfois l’espace sonore. Mon appréciation est nuancée sur cet album, mais il en résulte pas moins que l’ensemble présenté ici est cohérent, varié et bien exécuté. Un album bien ficelé, solide et lugubre dont les fans de métal extrême pourront sans aucun doute en apprécier les qualités.

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P.B