Category Archives: Chrönique

[Chrönique] Malcuidant – Et la terre brûla​.​.​. – Album – 2015

Apparitia Recordings

Black metal

France

CD

Sorti en 2015 sur l’élégant et élitiste label Apparitia Records, Et la terre brûla​.​.​. est le troisième album de Malcuidant, il y souffle une fureur épique qui en fait une pièce captivante dont on ne se lasse pas, et cela grâce à des morceaux finement ciselés et aux multiples subtilités . Et la terre brûla​.​.​. réussit le pari d’exprimer un certain raffinement et d’être en même temps un album chargé de véhémence. Le raffinement en question s’exprime par exemple dans une multitude d’arrangements qui apporte une véritable richesse dans laquelle l’auditeur fera moult trouvailles au fil des écoutes.

[Chrönique] Der Blutharsch and the infinite church of the leading hand – What Makes You Pray – Album – 2017

WKN / Urtod Void

psychedelic rock

Autriche

CD/cassette

La drogue c’est mal… Enfin visiblement pas pour tout le monde et en particulier pour notre cher gourou dark-folkeux sous acide, j’ai nommé Albin Julius qui, nous livre avec What Makes You Pray, un des meilleurs albums de Der Blutharsch (And The Infinite Church Of The Leading Hand).

S’ouvrant sur un long morceau frôlant les douze minutes où se mêlent en boucle les riffs d’une basse bien lourde, de l’orgue, des guitares chargées à la fuzz et au phaser, claviers et flutes, voix inquiétantes et martiales scandant « if you don’t shine there’ll be nothing », le ton et l’atmosphère générale sont donnés : sombre et hypnotique.

[Chrönique] Dust to Dearth/Lysergene – the Death of the Sun – Split – 2010

Aesthetic Death

Drone/dark ambient

CD

Australie  – Angleterre

The Death of the Sun réjouira les oreilles endurcies au dark ambient, mais constitue aussi une parfaite initiation à la chose. Dust to Dearth instaure dès les premiers instants une atmosphère lymphatique ; alliant la noirceur d’un écho à des voix cristallines et éthérées, à l’instar d’un Paramaecium, ce groupe nous emmène dans une dimension où tout est comme flottant et mystique à la fois. Ce qui n’exclut pas d’ailleurs une certaine brutalité avec ce choc machinal et répétitif, qui en finit par devenir hypnotisant. L’aspect martial des percussions, résonnant dans une ambiance comme éthérée, n’est d’ailleurs pas sans évoquer un projet comme Arditi.

[Chrönique] Sonologyst – Apocalypse – Album – 2017

Eighth Tower Records

Experimental/dark ambient

Italy

Digital

 

Raffaele Pezzella’s output as Sonologyst is sparse (one album a year), hence, carefully thought. RP is a champion of « dark ambient ». Dark minor chords and endless reverbs? Not quite so. As evidenced by his long-running, popular podcast, « Unexplained Sounds », his tastes lean towards true electronic music. Ambient is a surface, the form, but not the end. As with all genuine experiments, what matters is what lies beneath. Sonologyst prophesizes disaster – his music openly deals with two disciplines art rarely ties together, the occult, and science. Though the quasi-mathematical, sanctified archetypes of electronic music eventually surface – a sequence here, broken beats there, analogue screams -, they are far from being a satisfying cue for the listener to relax and let go. They are the core expression of a metaphysical angst, a second voice nearly outside the musical frame, always busy, building waves of anxiety. So those are paradoxical drones – with angles and perspectives. There are several ways to read them. By the time you encounter Ballard as a footnote to the album’s presentation, you’ll get the point.

Sonologyst : Facebook

Eighth Tower Records : Facebook

J.P.

[Chrönique] Sana Obruent – August – Album – 2017

Blackjack Illuminist Records

Ambient/Drone

United States

Tape/CD

Blackjack Illuminist Records, home of the ever prolific Vlimmer, have linked up with Sana Obruent for this, the California-based artist’s third and most personal release to date..

August initially appears light and airy but lurking beneath the empyrean waves lies a sense of foreboding, perhaps even dread. Something akin to forcing a smile through swelling tears. Still, it is somehow calming. There is a kindness in this musical serenity. Space for consideration and, a rarity for our modern, hectic existence, extended moments which allow us to drift. No clamouring for attention. No bombarding distractions. Here something comforting and natural lies within the reviving tones that are coerced from guitar and guitar alone. To trek through woodland and emerge atop a flat, grey rock overlooking a tranquil lake is tantamount to being immersed in August. The sun still twinkles off of deft ripples and the breeze nibbles gently on the backs of unscarved necks.

[Chrönique] : Litanie – In Nomine Humana, Tenebris – 2013

Unlight Order Productions

Black metal

France

CD

Il y a des groupes que l’on découvre trop tard, avec un sentiment mitigé entre la déception de voir que le groupe ne sortira plus rien et le plaisir que nous procurent leurs sorties : Litanie est de ceux-là. Dans In Nomine Humana, Tenebris, leur unique album sorti de manière discrète il y a déjà quatre ans, le groupe nous livre un son raw et énergique, et surtout un disque d’une cohérence et d’une unicité esthétique rares. L’album s’ouvre sur une chanson en latin – l’occasion pour les plus acharnés de ressortir leur Gaffiot – qui nous plonge tout de suite dans l’univers du groupe ; l’album se clôturera de la même façon.

[Chrönique] Zoloft Evra – Hypoxyphilia – EP – 2017

Marbre Negre

Negative Drone Ambient

Italie

Cassette

Hypoxyphilia – avant d’être le titre de cet EP – est une paraphilie qui désigne les personnes appréciant la pratique de l’asphyxie à des fins érotiques, soit un titre qui ne laisse planer aucun doute quant à la teneur dudit EP : nous mettons les pieds dans des terres sordides où plane un ciel lourd et poisseux. Cette remarque vaut surtout pour les personnes qui ne connaîtraient pas Zoloft Evra, car les autres savent parfaitement à quoi s’attendre…Un drone/dark ambient impitoyable et intense.

[Chrönique] EMERGE – narcoses – Album – 2017

Attenuation Circuit
Allemagne
Experimental/noise/musique concrète
CD

Attenuation circuit est un label discret, mais prolifique en provenance d’Allemagne. L’ensemble des productions proposées se situe au confluent de la musique électroacoustique, concrète et de l’industriel bruitiste. Avec ce très pointilliste narcoses du projet EMERGE nous nous retrouvons plutôt en territoire acousmatique, un territoire jouant sur le miroitement de micro-sonorités, les métamorphoses, les craquements, les accidents et autres vibrations sensorielles. EMERGE est le projet de l’artiste Sascha Stadlmeier, également connu sous le pseudonyme de Dependenz. Cet album entend marqué un tournant vers une musique plus abstraite et conceptuelle que les productions antérieures qui elle se tournaient plus explicitement vers des textures ambiantes isolationnistes. Cet album est hermétiquement clos sur lui-même, véritable projection neuro-sensorielle au coeur d’un silence béat entrecoupé et perforé par des couleurs, vitesses, éclats et déplacements de sons parfois imperceptibles ou du moins fragiles. On est plongé dans une profonde apnée au coeur d’un paysage électroacoustique où les manipulations finissent par créer des effets imprévisibles, entre rupture, hasard et accident. L’auditeur sera attiré par des ambiances fractales, décentrées, rampantes et désincarnées. Le tout est très minimaliste, jouant sur la dynamique, la conjugaison des timbres, appelant à une écoute intuitive. Cette longue pièce est très difficile d’accès, pivotant autour d’un art sonore très abstrait dont la technique, le processus et le résultat n’est pas sans rappeler les sifflements ambiants microsoniques, quasi silencieux d’un Bernard Günter ou bien le radicalisme acousmatique de certains avant-gardes français tels que François Bayle, Michel Chion ou encore Francis Dhomont. Un voyage et une exploration cérébrale dans la matière sonore, sous la forme d’une décomposition en complexe multicellulaire, voilà comment l’on pourrait éventuelllement saisir par les mots cet album. Une oeuvre à conseiller  uniquement aux amateurs de musiques électroacoustiques dans ce qu’elles peuvent présenter de plus aride, exigeant et d’hermétique à l’écoute.

EMERGE : Facebook

Attenuation circuit : Facebook

P.B

[Chrönique] Iurta – Notes Towards A Mental Breakdown – Album – 2017

Cyclic Law

Dark ambient/industrial

Portugal

CD

Guidé par les écrits de J. G. Ballard – dont l’oeuvre sombre et sophistiquée à entres autres inspirée Joy Division et Human League – et par les films d’Andreï Tarkoski (Solaris, Stalker, Le Sacrifice, etc.), le premier album du duo portugais Iurta, composé de J.A. (Wolfskin, Karnnos) et A. Coelho (Sektor 304), Notes Towards A Mental Breakdown, se présente comme un manifeste dédié à folie.

Si l’album se présente comme un tout où chaque chanson est une petite part de cette démence gagnant peu à peu l’esprit, on peut néanmoins distinguer deux parties. La première, où le travail de J.A. et notamment celui au sein de son projet folk ambient Karnnos se fait sentir, est principalement dominée par de longues nappes glaciales et de légères sonorités noise. L’univers ainsi créé est froid, urbain, fantomatique et claustrophobe .Les ambiances évoquant la folie, ou plutôt la naissance de la folie, sont réussies et ce tout particulièrement sur les titres Organic Units et Continuous Fluctuations ; ils jouissent d’une dimension sensorielle qui stimule l’imaginaire d’une façon visuelle.

[Chrönique] Various Artists – Labyrinth – Compilation – 2017

Eighth Tower Records (a sub label of Unexplained Sounds Group)

Dark ambient/drone/dark ambient/noise/experimental

Double CD

“Before unearthing this letter, I had questioned myself about the ways in which a book can be infinite. I could think of nothing other than a cyclic volume, a circular one. A book whose last page was identical with the first, a book which had the possibility of continuing indefinitely.”

Jorge Luis Borges, Labyrinths

The question of the infinite in regards to a poetic text – be it prose, paint or performed on an instrument – is unlikely to have been far from the mind of Raffaele Pezzella when curating this two hour plus compilation of twenty-two tracks from twenty-two separate projects. Something which can forever be returned to and which reveals an ever increasing scope must surely be considered fathomless. This is firmly rooted within the concept of the labyrinth. A musical path is laid out. Curated. It is a trail which requires your trust, your submission. To embark upon such a journey demands a receptive mind.