Category Archives: Chrönique

[Chrönique] Time Lurker – Time Lurker – Album – 2017.

Les Acteurs de l’Ombre

Atmospheric black metal

CD / Vinyle

France


Projet solo du Strasbourgeois Mick, Time Lurker arrive sur la table à décortiquer par le biais du label Les Acteurs de l’Ombre, bien connu pour avoir une belle écurie comprenant les talentueux Regarde Les Hommes Tomber, Déluge ou encore Au-Dessus, pour ne citer qu’eux. L’album éponyme est sorti en 2017 et fait suite à son premier EP I. sorti un an plus tôt. L’œuvre nous livre par ses 7 titres et sa cinquantaine de minutes un black atmosphérique dépressif aux relents post-metal. Son univers Lovecraftien, sa dimension spatiale et sa densité musicale vont étreindre l’auditeur tout au long de ce voyage auditif.

[Chrönique] Cryostasium – Project:00 – Album – 2016

Metropolitan State Productions

Experimental / industrial / black metal

Etats-Unis

CD

On vous parlait avec pas mal d’enthousiasme, il y a quelques mois, de la collaboration américano-russe entre Cryostasium et Abigorum. Les séquelles de cette écoute encore très présentes, on vous propose ici de découvrir, avec un peu de retard, la nouvelle escapade internationale de Cody Maillet. Avant de franchir le détroit de Béring pour regagner ses pénates, le multi-instrumentiste de Boston a fait escale au Japon. Détour tout à fait virtuel puisque l’artiste Meiko qui accompagne Cryostasium en la circonstance est en réalité un synthétiseur vocal développé il y a une quinzaine d’années. Cette invitée désincarnée n’en rend la rencontre que plus fantomatique. Ce chant synthétique sied à merveille au black metal poisseux et dissonant de Cryostasium, balancé au son de guitares ultra saturées. Lorgnant du côté de Xasthur, le massif Suspended In Ether est proprement terrifiant. Les cinq autres compositions s’avèrent moins atmosphériques et plus crues, adoptant une attitude plus punk et brutale. La démarche très expérimentale, la production très rudimentaire et le chant bizarre de Meiko, croisant le fer avec les hurlements frénétiques de Cody Maillet rendent cet album franchement difficile d’accès. Mais on ne peut que recommander aux auditeurs les moins soucieux de leur santé mentale de se ruer sur Project:00.

Cryostasium :  Bandcamp, Facebook

Metropolitan State Productions : Blogspot

AsCl3

 

[Chrönique] Black Altar / Beastcraft – Winds ov Decay / Occult Ceremonial Rites – Split – 2017.

 

Odium Records

Black metal

CD

Pologne / Norvège

Le démon du black metal est fâché : après des années passé à observer son courant artistique iconoclaste se détourner du chemin de la damnation à cause de sous genres trop « hipsterisés » et de leurs disciples mous du martinet, il a dépêché son fidèle lieutenant encapuchonné Shadow afin de remettre un peu d’ordre dans la fosse à cochon à grand renfort de corpse paint, de bougies noires et d’yeux révulsés.

[Chrönique] Descend Into Despair – Synaptic Veil – Album – 2017.

Loud Rage Music

Funeral Doom

Roumanie

CD

Le deuxième semestre 2017 aura réservé son lot de «joyeusetés» aux amateurs de funeral doom. Outre le retour inespéré de Nortt cryogénisé depuis 10 ans, les dernières livraisons de The Howling Void et de Sektarism (après cinq ans de silence) se sont succédées en « procession ». Descend Into Despair rejoint le cortège funéraire avec son très bon deuxième album. L’objet a le mérite, après les sorties de Bereft Of Light et de The Wake, de souligner que la scène roumaine possède désormais une brochette d’acteurs, qui a défaut de se fouler pour inventer de nouvelles choses, savent produire des pièces de qualité. Descend Into Despair propose ici un doom archiclassique, multipliant les clichés, mais fort bien réalisé. On retrouve sur Synaptic Veil tous les ingrédients qui font le bonheur du doomster moyen. Les tempos laissant le temps au batteur de se rouler une cigarette entre chaque coup de caisse claire. Personne ne sera en mesure de confirmer ce qu’il fait derrière son kit : noyée dans la reverb, la batterie semble avoir été enregistrée dans un caveau situé à l’autre bout du cimetière. Ajoutez-y des chœurs spectraux et des harmonies de guitares agonisantes. Une bonne couche d’orgue d’église pour conclure l’oraison, des grognements d’outre-tombe, un peu de piano funèbre, du chant clair, quelques narrations dans l’esprit de Draconian… Bref, il n’y a rien de réjouissant dans la musique de Descend Into Despair, ce qui, en matière de funeral doom est généralement un gage de qualité.

Descend Into Despair :  Facebook

Loud Rage Music : Facebook, Bandcamp

AsCl3

[Chrönique] Lambwool – Mono – Album – 2009

OPN

Ambient

Vinyle

France

One man band du créatif français Cyril Laurent, Lambwool puise son art depuis sa création en 2000 dans un registre éthéré et ambient, accouchant d’œuvres chargées en émotions et en interprétations. L’album Mono est sorti en 2009, et comporte deux pistes sobrement intitulées Mono Part. 1 et Mono Part. 2, d’une durée de 35 minutes environ. Artiste reconnu internationalement, Cyril Laurent collaborera aussi avec d’autres musiciens comme Nicolas Dick et son dernier EP Vanish sorti en 2014 hante les étagères de tout amateur de musique atmosphérique qui se doit.

[Chrönique] Loth – Apocryphe – Album – 2017

Specific Recordings

Epic / atmospheric black metal

France

CD, K7, 33 tours

On aurait tort de se laisser berner par cette Douce Dame Jolie qui, entre vielle à roue, percussions et chant féminin, avouons-le, laisse dubitatif. Car Loth vaut bien plus qu’un énième rejeton d’une scène pagan/folk pour amateur de jeux de rôle. Ces 4 minutes dispensables écoulées, le groupe lorrain dévoile toute sa grandeur épique dans des compositions majestueuses. Les noms de Primordial, Fen ou de Winterfylleth viennent immédiatement en tête. À l’instar de ces illustres influences, Loth parvient à insuffler à sa musique un héritage païen, sans recourir à toute une batterie de binious, flûtiaux et tambourins. Comme ces nobles références, Loth excelle dans l’art de développer des atmosphères prégnantes sur la longueur. On ne sent d’ailleurs guère de lassitude au terme de Malmoth (12 minutes) et Mourrir à Metz (14 minutes). Mais c’est surtout lorsque le tempo ralenti que Loth se montre le plus brillant, emmenant l’auditeur vers des paysages grandioses et désolés, il confére à son riffing un aspect hypnotique et saisissant. En une année à peine (deux en réalité, puisque le premier album éponyme de Loth avait été finalisé en 2015), le duo a haussé son niveau, sculpté sa personnalité. Il faudra, semble-t-il, compter avec ce nouvel acteur de la scène française.

 

Loth : Facebook

Vendetta Records : Facebook

Specific Recordings : Bandcamp

AsCl3

[Chrönique] Janvier – Janvier – Album – 2017

Les Fleurs du Mal Productions  et Corde Raide Productions (cassette) / Wolfspell Records (CD)

Atmospheric black metal

Canada

Venue tout droit des forêts enneigées du Québec, la musique de Janvier fait dans le métal noir classique et « météorologique ». Le projet de Taciturne et Kanibaal sorti en février 2017 nous parvient sous la forme d’un album éponyme de 4 titres et d’une durée de presque 30 minutes.

[Chrönique] Bereft Of Light – Hoinar – Album – 2017

Loud Rage Music

Atmospheric Black Metal

Roumanie

CD

L’infatigable Daniel Neagoe s’épanouit dans la création frénétique. Batteur de Shape Of Despair, d’Ennui ou encore de Clouds, par ailleurs chanteur d’Eye Of Solitude et Vaer, il s’offre avec Bereft Of Light une petite escapade solo. Et livre ici cinq compositions épiques et tourmentées. Si la chose est estampillée «Cascadian Black Metal» par son auteur, ce n’est pas dans le nord-ouest des États-Unis que s’enracine Bereft Of Light, mais en Roumanie. Reste que Les influences d’Ash Borer et Agalloch sont identifiables dès les premières secondes. On sent également poindre une inspiration doom, certaines ambiances évoquant parfois Daylight Dies ou Rapture. Ce premier album se veut un voyage autant qu’une ode à la solitude, comme le suggère son titre («vagabond» en roumain). La musique restitue avec force et conviction cet esprit, par petites touches impressionnistes. De nombreuses parties acoustiques ponctuent ces cinq titres, leur conférant fragilité et chaleur, elles prennent place au milieu d’une déferlante black metal, soutenue par des nappes de synthés  ; le tout est survolé par des vocaux de damnés. Furieux, mais jamais totalement noir, mélancolique mais jamais totalement triste, tantôt écrasant, tantôt aérien, Hoinar se révèle tout en subtilités.

Bereft Of Light :  Facebook

Loud Rage Music : Facebook, Bandcamp

AsCl3

[Chrönique] Botanist – Collective: A shape of He to come – Album – 2017.

 

Avantgarde Music

Experimental black metal

États-Unis

CD / vinyle

Le milieu du black metal est en constante mutation depuis bien des années. Depuis son apparition dans les années 80, il n’a cessé de revêtir des apparences diverses, de se construire cet univers sombre et violent qui le caractérise par le travail des formations qui s’en réclament les légataires, et qui nourrissent de leur propres visions et cauchemars ce courant musical.

Aujourd’hui, si nous sommes habitués à l’utilisation parfois outrancière d’un certain décorum plus ou moins standardisé de la part d’une grande partie de ces formations, il est agréable de constater que parmi la foultitude de ces groupes se cachent parfois des concepts plus originaux et / ou l’utilisation d’imageries peu conventionnelles par rapport aux codes établis.

[Chrönique] Michael Plater – Mythologies – Album – 2016

Autoproduction

Art-rock / gothic folk

Australie

CD

L’Australie, ce pays-continent, semble être un endroit propice aux artistes au cœur sombre et à l’âme tourmentée : Nick Cave (en première ligne), Lisa Gerrard, Simon Bonney, Rowland S. Howard, pour ne citer que les “plus connus”. Parmi les “moins connus”, on trouve Michael Plater, folkeux un poil torturé de Melbourne et sacrément talentueux. Sorti en janvier 2016, son deuxième album, Mythologies, séduit par ses chansons perdues entre dark folk, gothic americana et rock sombre, par ses arrangements à la fois fragiles, dépouillés et bien sentis et surtout par la voix de Michael Plater : à mi-chemin entre Lou Reed et Simon Huw Jones (And Also The Trees), elle se veut grave, sombre, faussement détachée, en un mot envoûtante. On peut dire sans se tromper que Michael Plater sait livrer ses émotions à travers sa musique et ses paroles.