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[Entretien] Vesperal

(crédit photographique : Vesperal)

Ce jeune trio parisien de neofolk aux influences coldwave va bientôt sortir, le 21 décembre précisément, son premier album en cassette via Le Recours aux Forêts.  En attendant on vous propose de mieux faire connaissance avec Vesperal via cette interview.

L.G. : On va commencer par une question un peu facile, un peu bateau même , mais comme c’est votre première interview et que vous sortez sous peu votre premier album, pouvez-nous dire quels sont les musiciens qui officient dans Vesperal, mais, aussi nous éclairer sur la genèse du groupe ?

Damien : Il faut bien y passer à un moment ! À la base nous sommes 3 amis, Vincent (6 cordes), Quentin (12 cordes / chant) et moi (guitare électrique). Quentin et Vincent le sont depuis leur enfance. Pour ma part, j’ai rencontré Quentin il y a quelques années, nous avions fondé un groupe qui s’appellait Holy Machine. Après un premier album pourtant réussi, la flamme s’est vite éteinte. Pas de conflits mais juste une envie de passer à autre chose. Vesperal est né début Septembre 2016 un peu par hasard : aucun de nous n’avait de projet à ce moment là. Alors un soir, histoire de garder la main et sans aucune ambition, nous avons joué ensemble, à trois guitares. Le résultat fut si spontané et limpide, que la suite nous a paru plus qu’évidente.

Si je comprends bien Holy Machine, n’est plus d’actualité…Vous avez pourtant diffusé votre premier album Fraction via Bandcamp en juillet 2017…

Quentin : La sortie de Fraction est récente, néanmoins, le groupe n’a plus d’activité depuis presque deux ans. L’album a un peu pris la poussière, nous n’avions même plus envie de le partager. On l’a balancé sur un coup de tête, comme une sorte d’adieu non officiel.

[Entretien] Le Silence des Ruines

 

Il y a peu  Le Silence des Ruines a rendu disponible en téléchargement son nouvel album, Quis ut Deus. Nous avons profité de l’occasion pour poser quelques questions à Nicolas F. l’unique membre de ce projet francais officiant dans les registres martial pop / neoclassical / ambient.

L.G. : Tu as fait le choix de sortir ton nouvel album, Quis ut Deus, uniquement en numérique… Pourquoi avoir choisi ce mode de diffusion ?

Nicolas F. : L’édition de cet album est bien particulière. J’avais été contacté par soldat D. de l’ex-label Castellum Stoufenburc qui m’avait édité Pardonne-moi Lucifer en numérique et en libre téléchargement en 2011. Comme j’étais toujours en contact avec lui, il m’avait envoyé un mail afin de prendre de mes nouvelles et surtout, de savoir si j’étais partant pour sortir un album sur son nouveau label. J’avais suffisamment de titres à lui proposer. Nous avons échangé quelques messages sur différentes idées concernant cet album et ce dernier était censé voir le jour entre août et septembre. Alors que la période à laquelle l’album devait sortir était passée, j’ai envoyé un mail à Soldat D. pour prendre des nouvelles. Étant sans réponse, je n’avais pas insisté car je savais qu’il avait beaucoup de travail et qu’il était une personne en qui j’ai toujours pu avoir confiance. Malheureusement mes derniers mails n’ont jamais été lus… J’ai été très affecté par la disparition tragique de Soldat D. et j’ai pris la décision de sortir l’album  Quis ut Deus  en libre téléchargement numérique. Je n’ai pas souhaité l’éditer sur un autre label. Et surtout, je voulais rendre un dernier hommage, à ma façon, à Soldat D.

[Entretien] Alcest

C’est à l’occasion du concert d’Alcest au Radiant (Lyon) le 15 octobre 2017 que nous avons pu discuter avec Neige des origines de son œuvre et de ses sources d’inspirations, ainsi que des processus de création de ses albums.

O.M. : Alcest semble ancrer son identité dans un univers imaginaire. Que trouves-tu dans cette approche esthétique ?

Neige :  Il n’y a rien de concret, de référencé dans Alcest au niveau du merveilleux. Dans les visions que j’avais quand j’étais enfant, qui ont généré ensuite le concept du groupe, j’avais toujours une sorte de sensation d’être dans un endroit merveilleux. Ça ne s’exprimait pas juste par des couleurs, des lumières et des sons. Il y avait presque un côté elfique mais le mot est trop réducteur. Je n’ai pas envie que les gens pensent qu’Alcest se réduise à la fantasy. Je ne m’inspire pas d’un folklore. C’est plus une espèce de chose qu’il y a en moi et que j’ai beaucoup de mal à expliquer. Tout ça, ce sont des mots et des concepts que je trouve trop réducteurs. C’est justement là qu’intervient la musique d’Alcest. On n’a pas besoin de parler du merveilleux, ou d’anges ou de fées, d’au-delà… En général, les gens nous disent seulement que ça les a touchés d’une manière très profonde. Ils ne disent pas « c’est un joli morceau, c’est triste, c’est joyeux ». Il y a une dimension spirituelle qui n’est pas forcément comparable avec des spiritualités établies, c’est vraiment très personnel.

[Entretien] Fleurety

(c) Trine + Kim

Fleurety n’en fait qu’à sa tête. S’il n’en avait qu’une, cela pourrait encore se passer sans heurt. Mais ils sont deux – Svein Egil Hatlevik et Alexander Nordgaren – à piloter cette improbable entité démoniaque. En plus de 25 ans de carrières, mais en trois albums seulement, les Norvégiens ont montré les innombrables facettes de leur bestiole. Dix-neuf ans après la sortie de Department Of Apocalyptic Affairs, The White Death rompt le silence, dévoilant un groupe toujours aussi insaisissable. Entretien avec Svein Egil Hatlevik.

AsCl3 : Depuis ses débuts en 1991, Fleurety a toujours été un projet montrant des visages différents à chaque sortie. Ceci est d’autant plus vrai depuis votre retour en 2008 et les divers EP parus depuis. Quel est, selon toi, le dénominateur commun du son «Fleurety»?
Nous n’avons pas de mission particulière, ni de message à faire passer. Si ce n’est affirmer jouer du «true Ytre Enebakk black metal» (Ytre Enebakk est un village norvégien de la région d’Oslo, ndlr).

En 9 ans, Fleurety a sorti quatre EP, mais le premier «vrai» album n’arrive qu’aujourd’hui. Pourquoi ?
Alexander Nordgaren, le guitariste, et moi, vivons depuis de nombreuses années sur deux continents différents. Il n’est pas aisé pour nous de nous retrouver et de «répéter». Tout au plus, le temps à disposition nous a permis d’accoucher d’un ou deux titres par session. Notre principal souci, ces dernières années, a été de maintenir Fleurety en activité, d’une manière ou d’une autre. Il nous semblait plus judicieux de sortir quelques EP de manière ponctuelle que de ne rien sortir du tout.

 

En sortant deux titres à la fois, sur des 45 tours, tu peux te permettre d’explorer différentes voies. Il en va autrement d’un album. Étiez-vous animés par un souci de cohérence d’ensemble?
Oui, totalement. Nous voulions que The White Death sonne comme un tout : comme un seul groupe interprétant différentes chansons dans une même pièce. Nous avons été attentifs lors des enregistrements à l’emplacement des micros, à nos réglages… Tout cela dans le but d’avoir un son cohérent à l’arrivée. Les titres te mènent peut-être dans des directions diamétralement opposées, mais le son général est maîtrisé et ses variations restreintes.

[Entretien] Blake’s Optimism

Pour faire suite à notre chronique du premier EP de Blake’s Optimism, voici un entretien avec Adrien T.

 

L.G. : Blake’s Optimism étant un projet récent je vous propose dans un premier temps de bien vouloir vous présenter et surtout de nous éclairer sur le choix de faire référence à William Blake – si je ne me trompe pas – dans votre nom.

Adrien T. : Le nom m’est venu assez naturellement. À première vue, en lisant Blake, on ne pense pas vraiment à l’optimisme, mais je lisais Songs Of Innocence qui commence par :

«‘Pipe a song about a Lamb!’

So I piped with merry cheer.

‘Piper, pipe that song again.’

So I piped: he wept to hear.»

L’idée, c’est exactement ça ! Chanter l’horreur avec un optimisme à en tirer les larmes de mon auditoire. Mon espoir, c’est le réveil européen, la fin de l’hypocrisie et la mort du sérieux. J’aimerais qu’on pleure tous un bon coup devant nos conneries, qu’on puisse enfin repartir clean, un sourire aux lèvres.

[Entretien] Lethe

(crédit photographique : Lethe)

Lethe, c’est la rencontre improbable entre deux musiciens hyperactifs et géniaux, la Suissesse Anne Murphy (Cellar Darling, Nucleus Torn, Fräkmündt, ex-Eluveitie) et le Norvégien Tor-Helge Skei (Manes, Manii, kkoagulaa, Formless & Void). Lethe, c’est un univers musical unique, constellé de passages trip-hop, rap, metal, jazzy, rock… Lethe, c’est un duo entouré d’une grande famille d’artistes talentueux qui donnent à ce projet sa saveur unique. Entretien après la sortie du deuxième album de la formation, The First Corpse On the Moon.

AsCl3 : Peu de temps après la sortie de When Dreams Become Nightmares, votre label, Debemur Morti, annonçait la préparation de son successeur. Mais c’est finalement le label italien My Kingdom Music qui a sorti The First Corpse on the Moon. Que s’est-il passé ?
Anna Murphy: Debemur Morti ne partageait simplement pas la même vision sur la suite à donner à notre premier album. Il nous a semblé qu’il attendait que nous prenions une autre direction. Nos chemins se sont donc séparés. Nous avons apprécié leur honnêteté. Il n’y a aucun intérêt à poursuivre une collaboration si ta perception est trop différente.

[Interview] Kruksog

(crédit photographique : Kruksog)

Kruksog est un intéressant projet neofolk de Maldoror (Margaritka Georgieva). Seulement une seule cassette est disponible, mais vous pouvez aussi écouter d’autres sorties sur Bandcamp. Il est temps de découvrir ses étranges berceuses…

L.G. : Le nom de votre projet provient de – si nous ne nous trompons pas – d’un langage imaginaire l’Orkish créé par J. R. R. Tolkien l’auteur du Seigneur des anneaux. La signification de Kruksog est crucifixion. Si vous le souhaitez, pouvez-vous expliquer à nos lecteurs votre choix  ?

Oui, c’est en Orkish. Je l’ai choisi principalement en raison de combien je tiens Le Seigneur des anneaux en haute estime et aussi parce que j’essaie de faire sonner ma musique séraphique et Jésus lui-même (une entité séraphique) endura la crucifixion.

L.G. : Sur votre EP numérique appelé  When Leeches Shrivel for Their Forged Sun nous pouvons entendre une reprise de Rake, une chanson de Townes Van Zandt. Outre le fait que la chanson originale est excellente, pourquoi avez-vous choisi cette chanson en particulier ?

J’ai choisi sans hésiter cette chanson en particulier parce que j’estime beaucoup les paroles. Je pense que c’est la meilleure chanson écrite ou jouée sur son album Delta Momma Blues.

[Interview] Kruksog

(crédit photographique : Kruksog)

Kruksog is an interesting neo folk project of Maldoror (Margaritka Georgieva). Only one tape is available, but you can listen other releases on Bandcamp. Now it’s time to discover her strange lullabies…

 

L.G. : The name of your project comes from – if we don’t commit an error – an imaginary language, the Orkish created by J. R. R. Tolkien the author of The Lord of the Rings. The meaning of Kruksog is crucifixion. If you want, could you explain to our readers your choice?

Yes, it is in Orcish actually. I chose it mainly because of how much I hold The Lord of the Rings in high regard and also because of how I try to make my music sound seraphic and Jesus himself- (a seraphic entity) endured crucifixion.

L.G. : On your digital EP called When Leeches Shrivel for Their Forged Sun we can hear a cover of Rake, a Townes Van Zandt’s song. Except for the fact that the original song is very good, why did you choose this song especially ?

I undoubtedly chose that certain song since I treasure the lyrics. I believe it was his best written/ performed song off of his Delta Momma Blues album.

[Entretien] Poison Point

(crédit photographique : Poison Point)

 

Poison Point venant de terminer une tournée aux côtés de Drab Majesty et à la veille de la  sortie d’un EP via le label Third Coming Records il n’est pas inutile – selon nous – de vous proposer un entretien avec cet excellent duo.

L.G. :Timothée, tu as commencé Poison Point seul et sorti une démo et un album avant qu’Arnaud te rejoigne en août 2016. Comment vous êtes-vous rencontrés ? Avez-vous rapidement trouvé un terrain d’entente ? Pouvez-vous nous dire en quelques mots comment vous travaillez ensemble ?

Tim : On s’est rencontré au cours de nos études, car nous étions dans la même école d’art. À l’époque je faisais assez régulièrement des affiches de concert sérigraphiées, Arnaud en avait remarqué une traîner dans un couloir de l’école et avait cherché à savoir qui l’avait réalisée. Par la suite on a toujours gardé contact même en habitant des villes différentes. On a fini par se retrouver à Lyon il y a deux ans et commencé à faire un peu de musique ensemble. Poison Point existait déjà en solo, j’ai rapidement ressenti l’envie de faire évoluer ce projet avec une autre personne et Arnaud m’est apparu comme une évidence.

Je venais de sortir mon mini LP quand on a commencé à travailler ensemble. De ce fait le début de la formule en duo a été un peu compliqué, car tout était composé pour être joué live par une seule personne donc nous avons mis un certain temps à tout réadapter.

On a changé pas mal de fois de set up jusqu’à arriver très récemment à une configuration qui nous ressemble et nous convient en live autant qu’en studio.

Arnaud : En ce qui concerne les nouvelles compositions, on a pas forcément de formule figée. On part souvent d’un riff de base au synthé composé par l’un de nous, que l’on va retravailler ensemble pour le faire évoluer tout en composant une rythmique à l’aide d’une boite à rythme. La partie chant est par contre toujours composée en dernier par Tim.

Tim : Au moment de la composition de la partie instrumentale j’étudie en parallèle différentes façons d’intégrer ma voix pour former un tout cohérent.

[Entretien] Corde Raide Productions

Corde Raide Productions est un jeune label canadien qui fait preuve de dynamisme, et qui surtout prend un soin particulier à proposer des productions résolument underground et intègres. Voici un entretien avec Francois Le Gueux, son créateur.

 

L.G. : Votre label existe depuis  2016 et vous avez déjà au compteur deux démos, un split, deux EP, et trois albums tous sortis en cassette…D’où vient l’envie et la motivation de vous lancer dans l’aventure, sachant qu’il n’est pas toujours évident de rivaliser notamment avec des contenus accessibles gratuitement en ligne ?

Francois Le Gueux : Tout d’abord, je ne pense pas que le terme ‘’rivaliser’’ soit approprié en ce qui concerne Corde Raide. L’édition de productions black metal dites ‘’underground’’ sur support physique tel que la cassette et la prise en charge de la distribution remplissent, en mon sens, un tout autre rôle que d’offrir du contenu gratuitement en ligne. Moi le premier, j’aime posséder les œuvres qui m’ont marqué, ou qui en valent tout simplement la peine à mes yeux. De plus, cela peut être un moyen de démontrer son soutien à la formation. Le web a bien sûr changé bien des choses, ce qui a, et continue de faire mal aux majors et à ceux qui tirent les ficelles de l’industrie de la musique. En contrepartie, cela a eu l’effet de donner une plus grande visibilité aux labels indépendants et aux autoproductions. C’est donc plus facile pour les gens qui cherchent une alternative au mainstream de trouver des productions intéressantes. Cela dit, pour répondre à la question d’où me vient la motivation et l’envie, je répondrais que c’est arrivé un peu par la force des choses. Fin 2015, j’ai lancé en autoproduction le premier EP de mon propre projet, Mort aux Gueux. Suite à quoi, à l’aide d’un ami proche, nous en avons fait la promotion, l’édition sur cassette et la distribution. J’ai donc voulu renouveler l’expérience pour des projets d’autrui, voulant ainsi créer une sorte de lien entre les différents groupes. De cette idée de collaboration est né Corde Raide Productions.

Un mot peut-être pour nous éclairer sur le choix du nom de votre label, et sur le choix de son logo (Odin pendu par un pied à l’arbre Yggdrasil) ?

Ça paraîtra cliché pour certain, mais une des lectures qui m’a le plus marqué dans ma vie est Ainsi Parlait Zarathoustra de Nietzche. On y retrouve un funambule qui fait figure médiane, comme une corde tendue entre la bête et le surhomme si je me souviens bien. Ça représente donc ma vision de Corde Raide, que je souhaite être comme un pont, et non un but. Pour ce qui est du logo, un gars du nom de Praxosthène, dont je ne sais pratiquement rien d’autre que ce pseudonyme, est arrivé un peu à l’improviste et m’a proposé ce logo dans un courriel. Il donne son temps à l’art underground, et ce, gratuitement. Merci à lui. Et là je le cite : << Le vrai Black Metal, c’est comme un monstre qui vit dans l’ombre animé par de vrais gens sincères et déterminés pour rappeler que tout le monde n’est pas lobotomisé et qu’il y aura toujours un alternative à l’art mainstream (et peut-être même à la société). >>

Vous êtes positionné dans la scène black metal, scène qui a pris une ampleur plus que considérable au vu du volume exponentiel des sorties…Il devient difficile de se faire remarquer en tant que structure selon moi. Est-ce quelque chose que vous aviez à l’esprit quand vous avez mis sur pied Corde Raide Productions ?

Au départ, mon but n’était pas de me faire remarquer en tant que structure, mais bien de la créer. Dans cette optique, j’ai, et continue de collaborer avec des formations que je juge intéressantes afin de produire des éditions cassettes de qualité. Un certain réseau de distribution s’est développé par la suite, et les gens reviennent. Il est vrai que l’on observe une quantité phénoménale de sorties black metal, mais en ce qui à trait à Corde Raide, je ne crois pas que cela puisse nuire en quoi que ce soit.

Quels sont les labels qui remportent vos suffrages, et qui vous ont peut-être grâce à leur travail motivé à créer Corde Raide Productions ?

Tour de Garde est sans contredis le label que j’estime le plus. De par son intégrité et sa constance. Son but premier est de promouvoir l’underground et il n’a jamais semblé y déroger. Un autre du Québec serait Les Productions Hérétiques. Tout ce qui sort sous cette bannière est d’une grande qualité et il aide grandement à diffuser le Métal Noir Québécois. Sinon, en France, Résilience et France d’Oïl Productions chez qui je me suis procuré de vrais bijoux. Les gars font ça à l’ancienne, ce qui est tout à leur honneur. Mon ami de Timeworn Records aux USA, est aussi un bon exemple d’intégrité.

On trouve de plus en plus de groupes qui sortent leur musique uniquement en format numérique, bien qu’il y ait des choses remarquables, on trouve énormément de productions dispensables. Dans ce contexte il me semble que la médiation d’un label apporte une plus-value dans le sens où c’est une tierce personne qui intervient dans la diffusion et qui par son investissement fait la démonstration que tel ou tel groupe vaut la peine d’être écouté ? Qu’en penses-tu ?  

C’est une façon très intéressante de voir les choses, et, qui plus est, me semble juste. Avec cette multitude de projet qui naît à chaque instant et qui est à la portée de tous sur les réseaux sociaux, il est vrai que l’on peut s’y perdre. Dans ce contexte, le label fait donc figure de phare, ou de médiation en effet. Ce qui est le plus important, n’est pas ce que l’on décide d’éditer, mais plutôt ce que l’on refuse…

Vous avez sorti comme indiqué plus haut uniquement des cassettes. L’avantage de ce support qui a retrouvé une seconde jeunesse et évidemment de pouvoir produire à moindres coûts et donc de limiter les risques, mais envisagez-vous de produire des groupes sur d’autres supports ?

Pour ce qui est de produire sur CD, c’est toujours possible. D’ailleurs, le dernier album de Mort aux Gueux est sorti sur ce support en plus des cassettes. Je prévoie aussi de faire une compilation et le CD me semble tout désigné pour ça. Cependant, pour les sorties régulières, je préconise en effet la cassette, non seulement pour son côté économique mais aussi du fait que je trouve que c’est le support idéal pour le black metal. Son côté DIY et le son caverneux qu’elle crée va de soi avec ce style.

Comment sélectionnez-vous les groupes que vous signez ? Quels sont les critères pour trouver grâce à vos yeux ?

Bien qu’elles ne soient pas si nombreuses, la majorité des productions m’ont été proposées par les groupes eux-mêmes. J’en reçois plusieurs, dû au fait que le nombre de nouveau projet est astronomique comme on le mentionnait plus tôt. J’écoute tout ce que l’on m’envoie. J’y vais ensuite tout simplement selon mes goûts et si ça va selon la ligne directrice que j’ai donné à Corde Raide.

On a particulièrement apprécié l’EP de Croc Noir comment êtes-vous rentrés en contact ?

En ce qui concerne Croc Noir, c’est moi qui les ai approchés. À vrai dire, il est plutôt rare que je tombe par hasard sur quelque chose qui me plaît, dû au fait que je n’écoute que ce que j’ai trouvé sur des labels justement. À ce moment, j’avais créé un compte Twitter pour le label, lequel est à l’abandon depuis, et j’étais tombé sur Croc Noir. J’ai écouté leur EP Froid d’un seul trait et je me souviens m’être plongé à fond dans cette atmosphère très sombre et glaciale qu’ils ont réussi à créer sur cette œuvre. Il ne m’en fallait pas plus.

Êtes-vous à même de signer des groupes évoluant dans d’autres styles que le black metal ?

Oui et non. Dans certain cas, on peut trouver des groupes dont la musique n’est pas ce qu’on peut appeler du black metal mais qui pourraient très bien coller avec le ‘’Brand’’ de Corde Raide. Et ce, en raison de leur imagerie et de leur attitude. Je pense à Victime Quelconque, par exemple, dont j’ai édité la démo et leur split avec l’excellent Ifernach.

À quoi doit-on s’attendre de votre part dans le futur ? Peux-tu nous renseigner sur l’actualité de Corde Raide Productions ?

Mon but n’est pas de sortir le plus grand nombre de production mais plutôt d’offrir une certaine qualité. Je vais d’abord me concentrer sur les groupes avec qui j’aime travailler, je pense entre autres à Ifernach et Croc Noir que j’ai déjà mentionnés. J’ai aussi ouvert sur le site une section consacrée à la distribution. Je travaille donc à la développer avec la même vision que j’ai pour mes propres productions. Sinon, pour l’actualité, il y a Croc Noir qui sort son second EP très bientôt. Ça va être très intéressant encore une fois. Je suis aussi en discussion avec quelques formations, françaises et québécoises, mais reste à voir si ça mènera quelque part. J’aime donc mieux ne pas trop en parler pour l’instant. Pour conclure ma vision sur le futur de Corde Raide, trois mots peut-être : underground, sobriété, intégrité…

Corde Raide Productions : Facebook, site

Propos recueillis par L.G. entre mars et mai 2017.