[Chrönique] Astrïd & Rachel Grimes – Through the Sparkle – Album – 2017

Gizeh Records

Modern classical/ambient/indie

France/États-Unis

Vinyle/CD

Through the Sparkle est le fruit de la rencontre du groupe français Astrïd et de la pianiste américaine Rachel Grimes. Ces artistes, bien que séparés par des milliers de kilomètres, ont mis en commun leurs inspirations afin de s’exprimer d’une seule voix. Initialement inspirés de chaque côté de l’océan par différents mouvements de la musique classique contemporaine, ils ont mélangé ces influences avec d’autres registres dans leurs différents projets. De son côté, Rachel Grimes a réalisé cinq albums avec le groupe Rachel’s, dont un bel hommage au peintre Egon Schiele. Quant aux musiciens d’ Astrïd, ils trouvèrent l’énergie essentielle à leurs compositions en improvisant dans des genres tels que le jazz et le blues pour y greffer des éléments empruntés aux œuvres de Ravel et de Satie ainsi qu’à la musique sacrée d’Arvo Pärt. Les morceaux d’Astrïd sont pour la plupart longs et progressifs, hypnotisants comme les œuvres qui les inspirent.

C’est avec une boucle de piano que Rachel Grimes inaugure cet album. Parfois affirmée, parfois chancelante, cette boucle est rapidement accompagnée par d’autres instruments qui la subliment ou la bousculent. Si l’on ne sait pas vraiment à quoi s’attendre, les musiciens semblent tous avoir trouvé leur place. Les cordes frappées n’effacent ni le violon ni la clarinette, ils se soutiennent. Puis, M5 nous transporte dans un décor très différent. Une guitare joue avec le silence tandis que le piano s’en échappe discrètement. Les deux s’unissent enfin, et offrent une progression qui tranche totalement avec ce qui la précède. Une progression qui surprend par sa brillance, par ses sonorités multiples et les différentes émotions qu’elle contient. Il est regrettable qu’elle ne soit pas plus longue, que les artistes ne la poussent pas au-delà de ses limites. Mais cet album est un album de la mesure et comme ceux de Rachel’s, il ne contient rien d’excessif. Mélancolie, errance, légèreté et allégresse sont dosées et exprimées avec parcimonie.

Plus loin Mossgrove and Seaweed  comme les morceaux précédents fait preuve d’une force remarquable et d’une grande finesse dans les modulations de ce qui pourrait apparaître comme une simple nappe instrumentale, une façon de composer qui rappelle celle de Tim Hecker.  Tandis que Hollis propose une mélodie moins dépouillée, et rappelle le groove qu’avaient Rachel’s et Astrïd dans certaines de leurs compositions précédentes. Aussi entraînante qu’elle soit, cette rythmique est brève et on passe d’un ressenti à un autre sans transition, rupture fréquente dans cet album, si bien que l’on ne sait jamais vraiment où l’on va ni à quoi s’attendre.

Les compositions s’enchaînent pour conclure cet album sur une plainte longue et sourde (Le Petit Salon). Through the Sparkle est à la fois incohérent et homogène, à la fois enchanteur et étrange. Sa versatilité caractérise chacun de ses éléments. Les mélodies, aussi différentes qu’elles soient, sont toutes saisissantes et belles, mais chaque morceau donne un sentiment d’inachevé. Eloge de l’éphémère ou ressenti personnel, cet album porte malgré tout bien son nom et nous offre une longue et brillante respiration.

Rachel Grimes : Facebook

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O.M.

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