[Chrönique] Aube Grise – L’Encre et la Terre – EP – 2017

(crédit photographique : Distant Voices)

Distant Voices

Black metal / lo-fi / neo classical

France

CDr

Après la récente sortie de leur album Mauvais Augure, le projet français Aube Grise nous gratifie d’une nouvelle sortie avec L’Encre et la Terre, toujours sur l’excellent label Distant Voices.
Cet EP, constitué d’une longue piste de 26 minutes, s’ouvre sur une intro au piano qui n’est pas sans rappeler un projet comme Nhor, accompagnée de nappes de bruit saturé qui nous plongent tout de suite dans un univers grisâtre où le vent ou la mer viennent racler le sable d’un paysage désertique. Après cette intronisation s’envolent des riffs tout aussi saturés et appuyés par une batterie simple mais efficace, et dans lesquels le chant se fond parfaitement, le tout créant une ambiance absorbante, qui submerge, noie et enivre l’auditeur. C’est donc un black ambient puissant qui est mis en place ici, renforcé par les sons de cloche qui viennent souligner la désolation de la terre qui est ici chantée ainsi que l’aspect presque mystique de l’ensemble. Les paroles elles-mêmes viennent confirmer cette sensation de désolation :

« terre nourricière,
d’exil en consomption.
terre meurtrière,
épiphanie en inversion. »

Il y a naturellement plusieurs niveaux de lecture mais une double dimension d’une terre qui peut se montrer maternelle comme nocive, et qui porte en elle la dure vérité du monde, s’exprime parfaitement par les paroles comme par la musique elle-même. Aube Grise parvient donc avec L’Encre et la Terre à peindre cet univers de cendre qui subjugue l’auditeur avant de le reconduire doucement vers une sortie quelconque, par des bruits de pas, les accords au piano et ce son languissant qui n’est que la dernière plainte du dernier violon.

Distant Voices : Bandcamp

I.d.P

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