[Chrönique] Cepheide – Saudade – Album – 2017

Autoproduction

Atmospheric black metal

France

CD / Cassette / Numérique

Les Parisiens de Cepheide livrent avec Saudade leur premier album, après le succès de leur EP Respire. Dès les tous premiers accords, le ton est donné ; ces quelques notes lancinantes, en plus d’introduire ce black atmosphérique de très bonne facture qui constitue toute la matière de l’album, transmettent et illustrent parfaitement le titre de l’album. La saudade, terme portugais intraduisible, désigne cette nostalgie mélancolique diffuse, sans cause ni objet, mêlée d’un curieux plaisir, que l’on peut parfois ressentir…


C’est en effet une profonde mélancolie que nous fait ressentir Cepheide, mais en montrant la dimension existentielle et métaphysique que cette mélancolie peut porter. Cette dimension métaphysique se retrouve déjà dans la forme : par la nature atmosphérique de musique ici présente et par un mélange de lourdeur maîtrisée et de lumière portée par endroits par des lignes mélodiques, qui n’est pas sans évoquer un groupe comme Gris, nous avons la sensation de contempler des abîmes immenses, où l’obscurité est éclairée ça et là de rayons crachés par les derniers soleils…
L’album présente un ensemble homogène sans être dénué de diversité : des passages proprement haletants alternent avec des passages plus acoustiques, et certains brefs silences expressifs ponctuent les morceaux, notamment dans le Cinquième Soleil par exemple. Les blasts beats et riffs hypnotiques qui parsèment l’album (dans Une nuit qui te mange ou La lutte et l’harmonie par exemple) étirent cette sensation mélancolique sans que l’on s’en lasse, bien au contraire.
Le dernier morceau commence sur des accords bien plus calmes et cette impression persiste malgré les dernières cavalcades qui y sont livrées. Comme un feu s’éteint peu à peu, l’album s’achève de manière progressive, avec un rythme plus lent, quelques accords ponctués de hurlements lumineux – jusqu’au dernier qui seul achève le tableau.
Somme toute, c’est une franche réussite que ce premier vrai album pour Cepheide, qui tout en s’inscrivant dans une vague atmosphérique actuelle, va plus loin avec l’expression d’une dimension bien plus vertigineuse.

Cepheide : Facebook

I.d.P

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