[Chrönique] Der Blutharsch and the infinite church of the leading hand ‎– Sucht und Ordnung – album – 2016

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WNK

Psychedelic rock/space rock

Autriche 

CD

Difficile d’aborder cette chronique sans au préalable avouer que mon intérêt pour ce projet d’Albin Julius n’a pas toujours été au beau fixe, et qu’assez rapidement j’ai laissé les sorties s’accumuler sans véritablement me pencher dessus, il faut dire aussi que déjà Flying High de Der Blutharsch ne m’avait pas convaincu – à tort ou à raison-, et à ma décharge j’ajouterais que Der Blutharsch et The Moon Lay Hidden Beneath A Cloud étant bien plus proche de ma sensibilité personnelle j’avais bien du mal à accepter l’orientation plus « rock » de Der Blutharsch And The Infinite Church Of The Leading Hand. Mais l’écoute de  Sucht & Ordnung, certainement un clin d’œil à l’album Search and destroy des Stooges, m’a prouvé à quel point j’aurais dû mettre un peu moins de distance entre ce groupe et moi-même !

Sucht & Ordnung prend la forme d’un périple fantasmatique. Il débute par une piste instrumentale qui joue parfaitement son rôle d’introduction, très suggestive elle stimule l’imagination. La seconde est tout simplement excellente, elle mêle avec brio dans une atmosphère hallucinogène une louche de krautrock, la bande originale de Zombie (composée par le groupe Goblin), la marque d’Hawkwind, un interlude black metal du meilleur effet,  et surtout les vocaux de possédés de Marthynna ! C’est une piste qui est remarquable par sa maîtrise narrative… Enfin, après cette pesante composition, arrive celle qui va clôturer Sucht & Ordnung. D’une durée de plus de 14 minutes, elle est certainement la plus psychédélique des trois – répétitive à souhait et hypnotique -, elle débute en douceur avec une longue introduction, puis elle nous fait embarquer à toute bringue pour une dernière virée hédoniste et onirique !

Ces trois compostions font tout de même grimper le compteur à presque une demi-heure de musique, cette dernière est fortement ancrée dans les années 70 au point de retranscrire en partie l’esprit du magazine Métal Hurlant, qui est encore publié sous le titre de Heavy Metal aux États-Unis. Une publication culte et née en France où science-fiction, fantastique et heroic fantasy se conjuguaient dans une contre-culture bien loin des industries culturelles globalisées et mainstream qui nous abreuvent désormais ; peut-être que cet époque n’était finalement que le marchepied de la situation actuelle…Il va de soi que nous ne trancherons pas la question ici…

Le bolide qu’est Sucht & Ordnung a certes un œil dans le rétroviseur, mais il ne serait pas juste de le résumer à cela, car la musique qui le compose se nourrit aussi à d’autres sources (cf.le passage black metal, parfaitement incorporé), ou encore elle laisse parfois entendre au travers des claviers d’outre-espace – mi-horrifiques mi-cosmiques – des réminiscences de Der BlutharschFranchement captivant, toute la réussite de ces trois titres réside dans leurs pouvoirs d’évocation ! Surprenant et excellent !

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Lawofsun.

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