[Chrönique] Fleurety – Inquietum – Compilation – 2017

Aesthetic Death

Post-black metal avant l’heure

Norvège

CD Digipack

En ressuscitant Fleurety en 2009, l’indécrottable Svein Egil Hatlevik (alias Zweizz) avait promis la sortie de 666 « 45 tours ». Quatre EP en huit ans, à ce train-là, l’ultime pièce de la série paraîtra aux alentours de l’an 2344… Ambitieux objectif donc, et en attendant la cinquième offrande au démon, le duo norvégien a décidé de rassembler les neuf compositions réalisées depuis son retour sur un seul support et, pour la première fois, sur CD. Ceux qui ont raté les très clandestines récentes sorties de Fleurety s’en réjouiront. Les fans de la première heure également. Car c’est davantage dans l’esprit de Min Tid Skal Komme – premier opus qui posait en 1995 les jalons de ce que la critique baptiserait plus tard « post-black metal » – et du mini Last-Minute Lies (1999) que s’orientent désormais les Norvégiens, que vers le foutoir déglingué de Department Of Apocalyptic Affairs (2000). En effet, Bruitiste, violent, mal produit, Ingentes Atque Decorii Vexilliferi Apokalypsis ressuscitait en 2009 l’esprit de la deuxième vague du black metal, ce petit grain de folie qui a toujours caractérisé Fleurety en plus.

Un rapide tour d’horizon s’impose afin de vous faire découvir cette compilation ! Descent Into Darkness voit le chant suraigu et douloureux d’Alexander Nordgaren refaire surface, tandis que l’instrumental Choirs est la seule œuvre attestant ici des expérimentations noise de Zweizz. Evoco Bestias montrait deux ans plus tard tous les symptômes d’un dédoublement de personnalité. Point de hurlements sur Summon The Beasts, mais du chant féminin et des guitares atmosphériques. Seul un blast-beat en fin de titre vient rappeler que Fleurety peut être aussi méchant que caressant. Sur la seconde face, Animal Of The City constitue à l’inverse l’une des pièces les plus violents du duo, avec un chant presque grind. Mais, là encore, cette férocité cache quelques accalmies, incarnées par des passages ‘post-rock’, on pense à l’album Min Tid Skal Komme.

  Et Spiritus Meus Semper Sub Sanguinantibus Stellis Habitabit (2013) est résolument la partie la plus moderne de ce quadriptyque. Avec son côté plus industriel, Degenerate Machine n’est pas sans rappeler Dodheimsgard (dont Zweizz a fait partie jusqu’en 2003). Dissonant, particulièrement bruitiste, déconstruit, It’s When You’re Cold se rapproche quant à lui des expérimentations de Department Of Apocalyptic Affairs. Fragmenta Cuinsvis Aetatis Contemporaneae (2017) revient à un esprit plus cru. D’abord avec le violent Consensus. Une guitare hypnotique y chante sa mélopée, préparant l’auditeur à une chute dans un univers surréaliste fait de bruitages électroniques. Plus classique est Carnal Nations, taillé dans un metal atmosphérique et mélancolique balançant toujours plus vers le malaise et la dissonance.
En réunissant ces quatre sorties, Fleurety livre une « compilation » décousue mais attestant de son immense capacité à innover et à se disperser dans toutes les directions, sans jamais perdre sa quintessence. On attend avec impatience les 662 prochains EP.

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