[Chrönique] Hercynia Silva – Dyeus pater – 2016

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Autoproduction

France

Dark alternative/post-punk/rock

CD

 

Deuxième album pour ce duo (Alban Blaising et Fabrice Bernardin) originaire de Lorraine qui revendique l’influence de groupes comme : Paradise Lost, Spear of destiny, Solstafir, ou encore Depeche Mode

Dyeus Pater procède d’une sorte de témoignage, qui serait celui du cheminement menant de l’obscurité à la lumière (ce qui fait d’autant plus sens en comparaison avec le premier album), dans lequel Hercynia Silva – forêt hercynienne, citée par Jules César dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, soit le nom donné dans l’Antiquité à une vaste forêt primaire située dans l’Europe de l’Ouest – fait preuve d’audace dans un monde qui effectue une systématique mise en conformité, une uniformisation dévoreuse de ceux qui osent encore affirmer l’Être comme principe même d’une existence riche de sens, et fondamentalement humaine.

Premièrement, le travail d’illustration de l’album est soigné et les photographies animalières réalisées par Alban Blaising sont un premier contact avec Dyeus Pater qui ne laisse pas indifférent !  Les compositions de cet album évoquent avec brio un fort sentiment “païen” sans en appeler à des références musicales directement liées à cette esthétique, à des formules trop facilement évocatrices de ce genre d’atmosphère, au contraire ces deux musiciens font le choix plus aventureux de proposer une musique difficile à simplement délimiter ;  Le poids des structures rock est bien présent ainsi q’un goût pour les mélodies plutôt pop et des claviers à tendance synthético-symphonique. De plus, on retrouvera quelques touches qui évoqueront Puanteur de Charnier – un autre projet d’Alban Blaising.

Hercynia Silva puise aussi sa matière dans le metal, et en particulier dans le gothic metal anglais des années quatre-vingt-dix, mais jamais le groupe ne peut être mis dans une case, au contraire, il a tendance à s’affirmer et à dessiner les contours de sa propre personnalité d’une main ferme et déterminée ! En ce qui concerne l’influence anglaise citée au-dessus, on ne peut que noter, celle du déjà mentionné Paradise Lost à tel point que le chant en français évoque de temps à autre les passages en voix claires de ce dernier, mais aussi une nette empreinte de ce groupe est a déceler dans l’agencement dynamique des instruments. On pensera principalement à la troisième piste de l’album : Dyeus Pater. Cette même piste avec la présence de cuivres convoque à notre mémoire un projet français comme Matutina Noctem, qui lui aussi avait mis au monde une musique pour le moins personnelle.

Épique, dotée d’un sens du tragique et d’une tension vers l’harmonie esthétique – les diverses influences sont judicieusement équilibrées –  la musique du groupe rend honneur aux thématiques abordées : la nature, les mythes grecs ou celtiques, et plus largement l’indoeuropéanisme. Pour parfaire le côté lumineux et solaire un chant plus puissant et plus “technique” aurait pu adjoindre une touche indéniable de grandeur à l’ensemble. Tout comme on aurait pu imaginer un chant féminin en complément afin d’exprimer une polarité féminine qui n’aurait fait que renforcer – à mon avis – la profondeur et la richesse de Dyeus Pater

Nimbée d’une aura onirique, la musique d’Hercynia Silva est – vous l’avez compris – assez “spéciale”,  mais dans tous les cas il sera intéressant d’observer comment ces musiciens vont la faire évoluer au cours de leur prochaines productions ; d’autant plus que l’ancrage thématique d’Hercynia Silva est une source riche qui ne peut qu’être propice à stimuler la créativité de ce projet !

Hercynia Silva  : Facebook

Lawofsun. 

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