[Chrönique] Ignis Haereticum – Autocognition of Light – 2017

Goathorned Productions

Ritual black metal

Colombie

CD

Ignis Haereticum est l’un des joyaux méconnus de la scène black metal à tendance occulte. Pourtant formé en 2007, les « Frater » (rapport aux pseudonymes des musiciens commençant par « Fr .») originaire de Cùcuta en Colombie, n’ont sorti leur premier album studio qu’à la fin de 2014, sur le label Goathorned Productions : un Luciferian Gnosis largement reconnu comme l’une des bonnes sorties de ce moment. Si sur un plan purement technique, leur musique pouvait être décrite comme du black orthodoxe « traditionnel », c’est-à-dire un bon disciple de l’école DSO, il se dégageait de cette première œuvre des trois Colombiens une conviction, voire une possession, absolue tout au long des huit morceaux qu’elle distillait.

Mais, venons-en à l’album qui nous intéresse maintenant, Autocognition Of Light, qui sortira ce 1er Décembre toujours sous la houlette du même label. Si la démarche voulue par le groupe reste inchangée, à savoir transmettre via la musique le message de quelque chose dépassant de loin nos frontières dimensionnelles et sensorielles, plusieurs changements d’ordre plus terrestre sont à mentionner, notamment le départ en cours de route de Fr.T.VHMNS (batterie), obligeant les deux autres membres à faire appel à un batteur de session pour l’enregistrement de cette nouvelle offrande.

Musicalement, dès les premières mesures, nous ne sommes pas dépaysés. Le chant caverneux et possédé de Fr.D.M ouvre les hostilités directement à la suite de la longue intro de Glorious Wounds, le premier morceau de l’album, tandis que les arpèges acérées et le riffing chaotique, aigu, presque strident, sauront là aussi se rappeler à nos bons souvenirs.

La longueur des intros et outros encadrant chaque morceau est un point à relever. Si Luciferian Gnosis avait donné lieu à quelques critiques concernant les nombreux passages à rallonge ouvrant la majorité des morceaux, voire représentant la moitié de certains d’entre eux, Autocognition of Light est un album bien plus incisif dont l’envolée ardente des six morceaux qu’il recèle est à peine tempérée par la quatrième piste,  Ekstasis, tenant le rôle d’un interlude ambiant finalement bienvenu après une longue descente de presque 20 minutes le long d’un maëlstrom cosmique et dissonant.

En poussant plus loin, on pourrait penser que Luciferian Gnosis représente les premiers rituels et la longue méditation précédant l’état de Gnose, et ce nouvel album, le vertigineux voyage astral qui s’ensuit, en direction de l’indescriptible royaume d’entités dont la puissance se confond avec les lois régissant l’Univers.  Impression renforcée par le superbe artwork signé Sophia Design Studio qui, tout en reprenant l’aspect « anatomique » déjà présent sur son prédécesseur, dépeint cette fois-ci une personne le regard tourné vers l’infini sur un fond de figures géométriques complexes…

Davantage conçu comme une œuvre monolithique à écouter d’une traite que comme un recueil de morceaux aux ambiances différentes, Autocognition Of Light saura plaire aux adorateurs de la première heure du groupe, tout en proposant suffisamment de changements pour, je l’espère, convaincre ceux pour qui  Luciferian Gnosis aura laissé un souvenir en demi-teinte. Cet album est l’occasion de redonner une chance à ce groupe qui, s’il n’atteint pas le niveau d’innovation musicale de certaines formations occultes récentes, sait en tout cas nous mener là où il le veut,. Enfin, il n’est définitivement pas à ranger aux côtés des formations jouant sous une capuche juste pour le style !

Ignis Haereticum: Facebook / Bandcamp

Goathorned Productions: Facebook / Bandcamp / Site

Adrien.

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