[Chrönique] Dust to Dearth/Lysergene – the Death of the Sun – Split – 2010

Aesthetic Death

Drone/dark ambient

CD

Australie  – Angleterre

The Death of the Sun réjouira les oreilles endurcies au dark ambient, mais constitue aussi une parfaite initiation à la chose. Dust to Dearth instaure dès les premiers instants une atmosphère lymphatique ; alliant la noirceur d’un écho à des voix cristallines et éthérées, à l’instar d’un Paramaecium, ce groupe nous emmène dans une dimension où tout est comme flottant et mystique à la fois. Ce qui n’exclut pas d’ailleurs une certaine brutalité avec ce choc machinal et répétitif, qui en finit par devenir hypnotisant. L’aspect martial des percussions, résonnant dans une ambiance comme éthérée, n’est d’ailleurs pas sans évoquer un projet comme Arditi.


Les différents éléments musicaux, tout au long de ce split – notamment sur la partie de Dust to Dearth – pourraient donner un ensemble hétérogène, mais entrent en une parfaite symbiose ; ainsi le piano et la voix qui s’accordent parfaitement au fond de noirceur qui hante tout le disque. Tout semble travaillé avec une précision d’orfèvre : un son de flûte exprimant des embryons de mélodie nous emmène dans un temps primitif ou peut-être bien futuriste, et l’on imagine facilement un vagabond perdu dans le désert qui tente d’oublier ou de se souvenir, porté par un air éructé par une petite flûte en os… Des rythmes répétitifs nous plongent dans une transe ; la vocation première du dark ambient est ici pleinement accomplie.

L’artwork quelque peu inquiétant au premier abord prend un tout autre visage à l’écoute du split. Ce squelette à moitié enfoui dans le sable n’est pas que la simple image de la mort humaine, mais prend une dimension anthropologique : est-ce un homme des premiers âges, emportant avec lui des fragments disparus de la Tradition Primordiale, ou bien le dernier homme, signifiant la fin d’une humanité corrompue et le début d’un nouveau cycle ? Ou alors est-ce le symbole de l’âme desséchée dans le désert spirituel du postmodernisme ?

Lysergene, dans la deuxième partie du split, nous emmène dans une autre dimension. Ce projet nous livre un dark ambient plus orthodoxe : il n’y a plus ici de percussions ou de voix quelconques mais seules subsistent des vagues de noirceur, comme un écho de tout ce qui a précédé ; on pénètre ici véritablement dans une dimension où le langage n’existe plus, où le langage est autre.
Dans ces trois dernières pistes, le projet nous transporte et nous élève, avec force effets d’amplification, de crescendo, puis clôt le tout sur une perspective évasive, ce qui est peut-être la meilleure conclusion possible pour ce split, nous poussant à réitérer le voyage un nombre indéfini de fois…

Lysergene : Facebook

Aesthetic Death : site, Facebook

I.d.P

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