[Chrönique] Paramnesia / Ultha – Split – 2017.

 

Les Acteurs de l’Ombre Productions (CD) / Tartarus Records (cassette) / Vendetta Records (vinyle)

France / Allemagne

Black metal

 

Bien connu des mélomanes après notamment la sortie de leur EP Ce que dit la bouche d’ombre en 2013, les Français de Paramnesia sont passés maîtres dans un black metal atmosphérique intense et oppressif de grande qualité. Le quatuor est un habitué des œuvres progressives et intelligemment écrites et décide après un premier split album réussi en partenariat avec les allemands d’Unru de remettre le couvert cette-fois pour le même exercice avec Ultha, formation Colognaise délivrant un black teinté dark wave et qui se surpasse ici pour nous servir ce que le quintet sait faire de mieux, c’est-à-dire une musique chargée en émotions et en violence. L’album contient deux titres, pour une durée d’une quarantaine de minutes et la pochette nous promet un voyage auditif d’où l’on ne sortira certainement pas indemne.

Paramnesia démarre l’album en trombe avec le morceau VI,  nous emportant immédiatement telle une formidable tempête dans ses sonorités sombres et violentes. Le son est massif et percutant. Les guitares grondent, la batterie est vivante et les voix semblent percer ce maelström en des cris plaintifs et oppressants. La longueur du morceau permet une narration musicale créative et le groupe multiplie les changements d’ambiances et d’intentions à la perfection, entre accalmies éthérées et passages post-metal ultra inspirés. Paramnesia confirme une fois encore son statut par la grande maîtrise de la construction de son morceau : 20 minutes, cela peut paraître long pour celui qui n’a rien à dire, mais le monologue sonore du quatuor strasbourgeois fait passer son message avec brio et laissera l’auditeur en transe jusqu’au dernier arpège clôturant sa partie de l’album.

Vient ensuite le tour d’Ultha avec le morceau The Seventh Sorrow, démarrant par une introduction tout en émotion et noirceur, progressive, et laissant place aux voix érodées qui se mélangent et se répondent comme un infernal dialogue. Une belle entrée en matière. Puis, au bout d’un moment le quintet se met à brûler le nitrométhane qu’il gardait sous le coude et nous assène un riff old school cataclysmique qui viendra mettre les plus sceptiques d’accord. Le morceau ne s’arrêtera pas là et continuera sa lancée à travers des envolées d’un chant écorché et imposera ses sonorités malsaines et véloces à nos oreilles martelées. Les quatres dernières minutes seront les instants choisis par Ultha pour installer une outro grandiose à grand coup de tritons dissonants et symphoniques pour finalement laisser les dernières notes du morceau mourir en un chant du cygne chaotique.

Avec cet album split Paramnesia et Ultha ont frappé très fort tout en confirmant leur talent, et la complémentarité de leur musique ne devrait pas laisser l’auditeur initié indifférent à cette œuvre. Un creuset bouillonnant de haine et de misanthropie conseillé à tous les  amateurs d’Ash Borer et Leviathan.

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FSV

One Response to [Chrönique] Paramnesia / Ultha – Split – 2017.

  1. Très bonne chronique, j’étais passé à coté de ce split et à en lire cette immersion, je m’y plonge sans attendre.

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