[Chrönique] Refectori – Natura Morta – album – 2016

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Bestiarie

Industrial/drone/dark ambient

Espagne

Cassette

Que sait-on de Refectori ? Peu de chose, si ce n’est que c’est un projet espagnol de Xavier Longàs, et que Natura Morta est son premier album… Signé chez ses compatriotes de Bestiarie il se dévoile, donc,  principalement grâce aux 5 pistes qui le constituent, soit environ une demi-heure de musique.

Natura Morta présente la particularité d’offrir une construction qui prend le visage d’une intense mise en scène faisant la part belle aux rythmes et aux percussions, ce qui est très marqué sur les deux premières pistes (Corba Praxitel·liana et Panteix Agònic) où l’on pensera à Scorn, en plus glauque – oui, c’est possible – et à diverses productions du label Ant-Zen, car elles manifestent une forte présence d’éléments typiques de la scène rhythmic noise, sans opter non plus pour la frénésie.

En effet, le martèlement inlassable des beats prend un chemin downtempo qui laisse s’entremêler différentes lignes rythmiques dans un minimaliste, mais percutant arrangement. On a l’impression d’assister à la mise en branle, la mise sous tension, d’une mécanique, d’une machine, qui aurait un fonctionnement analogue au cœur humain, comme si elle singeait notre propre nature à tel point qu’il se pourrait bien que Natura Morta soit peut-être au fond la mise en sons de notre propre machinerie organique…

Ces deux pistes à l’infernale logique nous emprisonnent dans cet album grâce à leur puissance intraitable pour lentement nous enfoncer dans des pistes de plus en plus drones et ambiantes.
Lancinantes et hantées par le spectre du doute, elles vont dans un premier temps garder le rythme comme moteur, mais elles deviendront plus rampantes comme si une problématique insidieuse nous harcelait depuis la nuit des temps : Qui sommes-nous, vraiment ? Quel est ce souffle qui nous anime ? Est-il maudit, ou est-ce une “bénédiction” ? Doit-on traquer l’Homme et en finir une bonne fois pour toutes, ou, bien faut-il poursuivre notre propre exploration, notre introspection ? (Caça de l’Home, ).

Mais, n’est-il pas déjà top tard pour faire un choix, pour trouver une réponse ? La dernière piste abandonnée par les percussions, par ce battement mi-organique mi-synthétique, sombre dans les vrombissements du dark ambient pour quelques instants, et alors le silence se fait entendre, puis surnagent de vagues couches de sons, des craquements, des bruits, pour former comme une onde, inespéré le martèlement réapparaît en s’intensifiant peu à peu – une “machine” semble vouloir redémarrer -, finalement l’album se clôture par une ultime déflagration ! Faut-il y voir le signe de L’Éternel retour, ou bien une ultime sentence assassine, la condamnation finale ? (Natura Morta). Un coup de cœur, assurément !

Refectori : Facebook

Bestiarie : Facebook

Lawofsun.

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