[Chrönique] Stonebirds – Into the Fog…and the Filthy Air – 2015

Pink Tank Records

Sludge / Space Rock

France

CD

 

Stonebirds est une jeune formation composée de trois adorateurs de musiques psychédéliques, et originaire du cœur de la région bretonne. Après une première sortie en 2008, Slow Fly, orientée vers une musique « désertique » inspirée du stoner, nos trois comparses, après diverses « bifurcations », reviennent avec Into the Fog…and the Filthy Air qui verra le jour sur Pink Tank Records en ce mois de Juin 2015. Cet album marque un changement radical par rapport à son prédécesseur.

Ces quelques « bifurcations », évoquées plus haut, ont porté leurs fruits ! Au premier abord, les cinq titres de cet opus nous plongent dans un univers flottant et contemplatif propre au space rock : utilisation de pédales d’effets au rendu acide, rythmique enivrée, voix spatiale en retrait et basse rebondissante…Tout le substrat nécessaire est ici rassemblé pour édifier une musique haute en effets enthéogènes,  et mise en relief par une lourdeur proche du sludge. Stonebirds parvient à combiner tantôt l’évaporation, et tantôt l’écrasement sous une masse colossale.

Cette croisée des genres, je ne me rappelle pas l’avoir entendu aussi bien dirigée, peut-être chez les finlandais de Domovoyd, mais on est encore loin du résultat immersif de la musique de Stonebirds ; le titre Burned Flesh est un très bon exemple de la dualité stylistique qui règne chez Stonebrids, et il me fait penser par certains de ses aspects à Monolord, avec des reflets légèrement plus stoner.

L’ascension sur laquelle s’achève l’album est assez remarquable et s’effectue sur une longue progression après un break, en suivant d’entêtantes et fulgurantes mélodies catchy, et cela sur un rythme qui redéfinit le groove sans pareil…Mais, si le trio conduit l’auditeur vers un état de conscience altérée, l’environnement dans lequel nous évoluons n’en est pas moins sombre, et surtout exalté, et tout cela pour tendre à une intense richesse musicale sans qu’il n’y ait pourtant de perte du fil conducteur.

Ce Into the Fog…and the Filthy Air est une véritable fontaine de jouvence  aux effets exaltants et propices à une introspection écorchée ! Sans aucun doute un album qui dépasse ses propres frontières stylistiques pour s’inscrire dans une singularité à l’échelle universelle.

C. N.

 

 

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