[Entretien] Lisieux

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Pour faire suite à notre chronique de la démo de Lisieux sortie sur le label Solar Asceticists Productions, nous vous proposons  de mieux faire connaissance avec ce jeune groupe grâce à cet entretien avec Cindy Sanchez.

Sur votre page Facebook vous avez mentionné deux membres, alors que l’on peut voir sur la vidéo de votre concert à La Mécanique des Fluides à Toulouse que vous êtes quatre sur scène…Pouvez-vous nous éclairer sur la composition de Lisieux ? Depuis combien de temps existez-vous ? Et, pourquoi avoir choisi ce nom pour représenter votre musique ?

Cindy Sanchez : Hugo et moi avons commencé à jouer ensemble il y a quelques années. À la base nous avions un projet de “synthwave” instrumentale très inspirée de G.Moroder, de Carpenter… Le projet folk a démarré fin 2014, à l’époque où je commençais à apprendre les quatre accords de guitare clés qui me permettraient de reprendre toute la discographie de Death In June. Les premières compos, l’idée de s’enregistrer et d’ouvrir un Soundcloud pour les copains sont venues tout de suite. Lisieux c’est avant tout un projet studio, nous ne jouons pas vraiment ensemble, nous préférons bidouiller sur Ableton enfermés toute la journée dans une chambre. Par conséquent, quand est arrivée la problématique des concerts, il a fallu trouver des gens pour nous aider à retranscrire l’atmosphère de la démo sans avoir recours à trop d’artifices et de playbacks. C’est ici qu’interviennent Kevin (percussions, synthétiseur) et Sophie (choeurs).

Pour ce qui est de notre nom de groupe, c’est une référence à Sainte-Thérèse de Lisieux comme vous devez vous en douter. Hugo et moi, sans être religieux pour autant sommes depuis longtemps très admiratifs des arts sacrés. La religion et son esthétisme nous intriguent. Il y a quelque chose d’enchanteur, de fantastique et de morbide à la fois. C’est ce qu’on essaie d’exprimer dans notre musique.

Vous êtes localisés à Toulouse et à Angoulême… Comment vous organisez-vous pour composer et pour enregistrer ?

C.S. : Nous vivons tous les quatre à Toulouse. Hugo et moi venons d’Angoulême, c’est la ville dans laquelle nous avons grandi et nous y retournons régulièrement.

Le processus de création est assez simple, je compose les morceaux chant/guitare puis nous passons directement à la phase enregistrement, mixage. Hugo trouve ses lignes de basse, c’est aussi lui qui gère tout ce qui est percussions. Le reste du temps, nous bataillons pour faire trois Pouëts au synthé et nous nous relayons sur le mix. À deux, c’est très facile de s’organiser.

Votre musique évolue entre le neofolk et des éléments plus indies…Quelles sont plus précisément vos influences ? Quels sont vos albums de chevet ?

C.S. : Nos goûts musicaux sont très éclectiques. Disons que nous avons tous les deux beaucoup de groupes favoris en commun, peut-être ce qui nous différencie le plus ce sont les influences “folk à maman” de mon côté (Sybille Baier, Vashti Bunyan, Linda Perhacs)  et électroniques du sien (Aphex Twin, Muslimgauze). Pour ma part, j’ai vraiment beaucoup écouté The Brown Book de Death In June, Remember Your Black Day de Vatican Shadow, The Cult Is Alive de Darkthrone, The Ecstasy Of Saint Teresa de Docetism ou encore les premières démos de Cocteau Twins. Pour Hugo il vous dira : LustmordThe Place Where The Black Star Hang, Dead Can DanceSpleen and Ideal, MuslimgauzeMullah Said, Prurient Bermuda Drain, Deathspell OmegaSi Momentum Requires, Circumspice, My Bloody ValentineLoveless.

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Dans ma chronique j’ai mis en avant le côté “enchanteur” de votre musique, est-ce selon vous un marqueur important de votre identité musicale ? Quelles sont les thématiques que vous abordez dans vos chansons ?

C.S. : C’est un terme qui nous convient dans la mesure où on ne nous compare pas à un groupe fan d’heroic fantasy, mais je crois que l’on s’est compris. Les paroles, par exemple, abordent souvent des thématiques abordant l’oppression religieuse, le déisme, la quête, il y a des histoires qui font peur, des contes, bref nous parlons de notre rapport au monde, à la mort. Elles représentent nos sources de rêveries et de hantises. Nous sommes parfois plusieurs à aborder ces thématiques, nous aimons faire intervenir de très bon amis dans la phase d’écriture.

Cindy, vous êtes étudiante en cinéma et il semblerait qu’Hugo ait une formation de dessinateur… En quoi ces deux domaines vous influencent dans le processus créatif de Lisieux ?

C.S. : Cela fait quelques années que je ne suis plus étudiante et que le cinéma est loin derrière moi, mais j’admets avoir été beaucoup influencée par les films,  j’ai d’ailleurs souvent une vision très imagée d’une chanson, presque cinématographique, qui doit venir de là. Hugo a aussi cette approche assez visuelle de la musique, l’évocation par le son est un fil rouge dans ses références et son approche du mix.

Pour terminer, j’aimerais savoir quels sont vos projets pour les mois à venir ?

C.S. : Nous enregistrons actuellement une nouvelle démo qui devrait être plus cohérente que ce que nous avons fait précédemment, car notre premier EP est en vérité une compilation de chansons plus qu’un album. L’idée c’était juste de composer des morceaux qui nous passaient par la tête et de les balancer au fur et à mesure sur Soundcloud. Nous avons aussi plusieurs propositions de concerts pour l’an prochain, il va donc falloir répéter car la formation live de Lisieux s’éloigne un peu de la version studio. Ce qui nous intéresse c’est aussi de faire en sorte que Kevin et Sophie, qui sont bourrés de talent, rajoutent leur patte au projet, au moment des concerts, et ainsi proposer une version alternative et plus spontanée de notre musique.

Lisieux : Facebook

Par LawOfSun. Entretien réalisé par échange de courriels en juin 2016.

 

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