[Entretien] Malepeste

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Cela fait déjà plus d’un an que le dernier album du groupe français Malepeste, Deliquescent Exaltation, est sorti sur le label Humanity’s Plague Productions… On vous propose dans cet entretien de revenir en partie sur sa genèse et de découvrir l’actualité des Lyonnais !

Votre discographie inaugurée avec une démo (très influencée par la musique d’Inquisition) en 2011, puis complétée par un split avec les italiens de Krowos en 2014 qui lui est encadré par deux albums, Dereliction en 2013 et Deliquescent Exaltation en 2015 témoigne d’une évolution de votre musique qui tend à obtenir un rendu de plus en plus ritualiste…Comment expliquez-vous cette évolution ? En quoi votre façon de créer votre musique a-t-elle pu évoluer au fil de ces années ? Votre vision du black metal, voire de la musique en général, a peut-être évolué de pair…

Nostra : En effet, les compositions se sont évidemment façonnées autour des intentions que nous avions mises sur l’instant. Nous avions écrit la démo à un moment où nous désirions qu’il y ait dissolution de notre passé artistique, quand il y a eu ce besoin de créer quelque chose de plus sombre et de plus spontané…Cela s’entend. Ensuite est venu un temps de maturation où les apparitions live se faisaient courantes, nous avons donc composé des musiques sur lesquelles le flux libéré serait ce que nous voulions ressentir sur scène. Puis, est venu naturellement l’envie de teindre encore un peu plus notre musique de ce côté ritualiste qui ne s’estompera certes pas dans les temps à venir, en adéquation avec notre cheminement personnel. Pour Deliquescent Exaltation, nous avons aussi eu nouvellement envie de composer des titres sans penser à leurs rendus live, par l’ajout de nappes de voix et de guitares en simultané par exemple.Immanquablement, nous les avons tout de même amenées sur scène… d’où le besoin grandissant d’un renfort scénique tenu par HerjahnEt si ma vision de la musique en général a évolué de pair depuis ces 6 dernières années ? Inévitablement.

Suite à vos récents live en région Rhône-Alpes, nous avons constaté que vous utilisiez de plus en plus des instruments traditionnels de diverses natures, ces derniers, d’une part, apportent des sonorités intéressantes dans vos compositions et, d’autre part, grâce à leur présence ils manifestent une recherche d’authenticité… Est-ce que vous allez développer cet élément de votre identité ?

Nostra : Après avoir longtemps débuté nos scènes sur la même introduction samplée, nous avions eu envie d’un peu plus d’authenticité en effet. Cela a commencé lors d’une cérémonie privée, où nous avions mis en place des conditions spéciales, l’introduction électro-acoustique était initialement l’un de ces suppléments, mais nous avons vite pris conscience que cette introduction avait aussi sa place au sein des set à venir. Nous pestions jadis sur les soirs où nous n’avions pas le temps, ou la possibilité matérielle, de nous mettre en conditions avant de monter sur scène, ce qui est assez indispensable à nos yeux ; avec cette première partie, nous pallions autant que faire se peut à ce problème. Et en ce qui concerne l’identité de nos prochaines compositions hors cette introduction, Il est prévisible que ces instruments traditionnels y trouvent place, oui, en espérant leurs sublimations.

Les parties vocales du dernier album sont variées et font preuve d’une nette personnalité avec leur dimension théâtrale. Comment faites-vous le choix dans la forme qu’elles prennent sur tel ou tel passage ? Est-ce le résultat de multiples expérimentations, ou plutôt est-ce quelque chose qui relève plus de l’instinct ?

Nostra : Nous laissons liberté à Larsen pour cet aspect de la composition, qui est parti d’une certaine idée générale issue des acquis précédents, mais l’ensemble à clairement été davantage dicté à l’instinct, indubitablement. Parfois les conditions autour de l’enregistrement ont guidé souterrainement cet instinct, je pense par exemple à ce passage de Serpent’s Glory qui fut enregistré une nuit au cœur de Brocéliande, pour l’anecdote vous pouvez d’ailleurs y percevoir les grillons.

Votre dernier album marque aussi une recherche conceptuelle plus fine et plus mature, quelles sont vos principales sources d’inspiration pour vos textes et vos compositions ? Avez-vous des références que vous souhaiteriez partager avec nous ?

Nostra : Le concept de l’album parle de différents aspects de la Chute et de l’Ascension. Pour citer des œuvres qui ont gravité autour des textes de Larsen lors de leurs rédactions, on y retrouve notamment : La Fin de Satan de V.Hugo ; Illuminations, et Une saison en Enfer de Rimbaud ; et De l’inconvénient d’être né de Cioran. Au niveau des compositions musicales, Xahaal s’est généreusement inspiré d’œuvres tels que les textes d’Asenath Mason, ou ceux du Temple de la Flamme Ascendante par exemple. Pour ma part, lorsque j’ai peint les illustrations du livret et de la pochette, en plus de prendre appui sur les paroles, j’ai aussi allègrement écouté les mantras inspirants de Phurpa,  ou les conférences de Patrick Burensteinas.

 

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Photographie live de Malepeste lors de la Cérémonie privée (2016) par “Figé dans le temps”

Vous venez de jouer au Ragnard ROCK Festival comment s’est déroulé votre concert ? Avez-vous des concerts prévus prochainement ?

Nostra : Nous avions en amont une appréhension quant au fait de jouer de jour et en extérieur, or, l’accueil et les conditions sur scène ont été si parfaits que ce fâcheux aspect, de notre point de vue, a vite été occulté. Evidemment, une cérémonie de cette nature n’est pas reçue de la même manière sur un lieu si vaste, mais l’expérience d’un tel festival nous a finalement conquis. Autrement à l’instant où je réponds à cette interview nous avons depuis, après le RRF, fait une halte lors d’une soirée forte intimiste à Genève, et aussi à Tilburg dans les Pays-Bas, dont je garde un souvenir intense, il y avait eu ce soir là un courant de rage particulièrement perceptible. Autrement, nos prochaines apparitions annoncées ou en phase de l’être sont le 21 Janvier

en Italie, et en France début mars (le 2 mars pour Paris).

Quels sont les albums sortis récemment qui ont retenu votre attention ?

Nostra : Personellement je dirais : Empty Space Meditation de Urfaust, Lian de Ricinn, Värähtelijä de Oranssi Pazuzu, Devil is Fine de Zeal and Ardor, ou Klechdy de Thy Worshiper.

Xahaal : Triangle de Schammasch, L’Envers de Wormfood, Catechism de Mortuus Umbra, les EP de Darvaza, ou Genesis de Lunar Mantra

Larsen : Exercises in Futility de Mgla, et Schammasch également.

En dehors de Temple of Worms et de Daughters of Sophia est-ce que les membres de Malepeste sont impliqués dans d’autres projets musicaux ?

Nostra : Xahaal n’est actuellement plus dans ces deux groupes.En revanche il est maintenant guitariste de session dans Dysylumn, commence le groupe Ominous Shrine dont vous entendrez parler ultérieurement, et enfin il compose occasionnellement avec Herjahn. Il fait aussi partie de l’équipe derrière le nouveau label Egregor Records. Flexor œuvre dans Moriquendi, et dans l’orchestre de son conservatoire. Et Larsen quant à lui est bien sûr amené de par sa profession à contribuer à d’autres projets musicaux…plus épisodiquement. Enfin, pour ce qui est de l’association Wintermoon Productions, son dernier concert fut Negura Bunget cette semaine, c’est une grande page pour nous qui se tourne, hélas…

Savez-vous déjà quelle sera votre prochaine production ?

Nostra : Un split en bonne collaboration avec Dysylumn sera notre prochaine production.Ensuite, nous nous pencherons sur le prochain album, dont les secrets ne vous seront aujourd’hui pas dévoilés.

On vous remercie d’avoir répondu à nos questions, on vous laisse la parole si vous avez quelque chose à rajouter…

Nostra : Merci à vous et au public pour ce soutien, puisse la scène perdurer avec la même foi.

Malepeste : bandcamp / facebook

Par Lambrith et LawOfSun. Entretien réalisé par échange de courriels en octobre et novembre 2016

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