[Entretien] Poison Point

(crédit photographique : Poison Point)

 

Poison Point venant de terminer une tournée aux côtés de Drab Majesty et à la veille de la  sortie d’un EP via le label Third Coming Records il n’est pas inutile – selon nous – de vous proposer un entretien avec cet excellent duo.

L.G. :Timothée, tu as commencé Poison Point seul et sorti une démo et un album avant qu’Arnaud te rejoigne en août 2016. Comment vous êtes-vous rencontrés ? Avez-vous rapidement trouvé un terrain d’entente ? Pouvez-vous nous dire en quelques mots comment vous travaillez ensemble ?

Tim : On s’est rencontré au cours de nos études, car nous étions dans la même école d’art. À l’époque je faisais assez régulièrement des affiches de concert sérigraphiées, Arnaud en avait remarqué une traîner dans un couloir de l’école et avait cherché à savoir qui l’avait réalisée. Par la suite on a toujours gardé contact même en habitant des villes différentes. On a fini par se retrouver à Lyon il y a deux ans et commencé à faire un peu de musique ensemble. Poison Point existait déjà en solo, j’ai rapidement ressenti l’envie de faire évoluer ce projet avec une autre personne et Arnaud m’est apparu comme une évidence.

Je venais de sortir mon mini LP quand on a commencé à travailler ensemble. De ce fait le début de la formule en duo a été un peu compliqué, car tout était composé pour être joué live par une seule personne donc nous avons mis un certain temps à tout réadapter.

On a changé pas mal de fois de set up jusqu’à arriver très récemment à une configuration qui nous ressemble et nous convient en live autant qu’en studio.

Arnaud : En ce qui concerne les nouvelles compositions, on a pas forcément de formule figée. On part souvent d’un riff de base au synthé composé par l’un de nous, que l’on va retravailler ensemble pour le faire évoluer tout en composant une rythmique à l’aide d’une boite à rythme. La partie chant est par contre toujours composée en dernier par Tim.

Tim : Au moment de la composition de la partie instrumentale j’étudie en parallèle différentes façons d’intégrer ma voix pour former un tout cohérent.

Vous avez récemment tourné avec Drab Majesty. Comment s’est déroulée cette tournée ?

Arnaud : Andrew et Alex sont adorables donc d’un point de vue humain c’était déjà agréable. C’était principalement une tournée sur des dates françaises (Angers, Paris, Strasbourg, Montpellier, Bordeaux) avec un détour par Amsterdam où on a fait la mauvaise expérience de se faire braquer la voiture…gros drame évité de peu car seul un flight case a été volé sur la totalité du coffre. La mauvaise surprise dont tout le monde se passe aisément mais relativement minime comparée à un coffre dévalisé.

Bref, coup de stress de fin de soirée alors que tout c’était déroulé pour le mieux avec un super accueil de l’organisation au OCCII.

Après Bordeaux, Drab Majesty sont repartis jouer à Paris et nous à Lyon aux Nuits Sonores pour finir au Portugal avec le Monitor festival. Ça nous a vraiment fait plaisir d’y retourner, on avait joué l’année dernière à Porto, cette fois à Leiria. Ça fait vraiment du bien de voir des gens aussi investis avec un public au rendez-vous à chaque événement!

Avec votre dernier EP vous avez développé une musique avec de fortes influences EBM. Quels sont les groupes qui ont marqué votre culture musicale ?

Tim : Ce n’était pas spécialement notre intention à la base, mais en effet notre son s’oriente de plus en plus dans cette direction. Nous écoutons beaucoup de choses en commun d’où notre rencontre il y a quelques années.

Même si Arnaud est plutôt baigné par des influences de la scène électronique passant par la techno comme Blawan, Surgeon, Ansome, Zadig jusqu’à l’ambient comme Autechre, Voices from the lake ou encore Aphex Twin.

Pour ma part les prémices d’une esthétique électronique, encore bercées par les structures de ses ainés du rock, comme Kraftwerk, Suicide et Silver Apples me touchent beaucoup et ont façonné une partie importante de mon approche de la musique. Mais la philosophie DIY, intrinsèquement liée au punk, est à l’origine du projet, plus que tout le reste je pense ; ce désir de faire tout sois même. Ce sont ces différentes rencontres qui nous mènent à explorer des sonorités assez EBM autant 80’s que plus contemporaines.

Plus récemment quelles sont les dernières sorties qui ont retenu votre attention ?

Tim & Arnaud : Les disques de Soft Moon restent toujours importants pour nous, y compris le disque de remix avec des collaborateurs que nous apprécions tout autant comme Ancient Methods, Phase Fatale ou encore Blush Response. Ces deux derniers sont présents dans l’écurie [aufnahme + wiedergabe], un label qui nous touche particulièrement ces derniers temps.

Mention spéciale à Schwefelgelb, groupe berlinois qui retient notre attention depuis maintenant plusieurs années.

Quels sont les thématiques et les sujets que vous évoquez dans vos paroles, notamment dans Osiris Temple, Drakkar Noir ou encore Roses & Lies ?

Tim : Naturellement mes expériences personnelles influencent considérablement mes textes. J’ai toujours préféré l’allégorie et la métaphore pour exprimer ce qui m’apparaît comme un exutoire, pour dépeindre des sentiments vécus ou du quotidien. Je ne ressens aucun besoin de parler de ce qui me rend heureux, car c’est pour moi plus personnel, plus intime. À l’inverse ce qui est plus douloureux nécessite une sorte de conjuration : la solitude (Drakkar Noir), les déceptions humaines (Osiris Temple), les sempiternelles folies de nos sociétés (Roses & Lies)…

 Avez-vous l’un et l’autre des projets parallèles à Poison Point ? Si, oui, ont-ils une actualité et quelle va être celle de Poison Point ?

Tim : Assez récemment je me suis relancé dans un projet solo : IV Horsemen. Uniquement des machines, à base de boîtes à rythmes, synthés et chant. En fait, assez proche de la tournure de Poison Point actuelle, avec sûrement plus d’influences indus. Le projet a déjà expérimenté plusieurs live et ce n’est que depuis Juin que je me suis décidé à lui donner une vie sur internet (Facebook, Bandcamp…).

Un premier Ep sortira tout début août sur le label berlinois Black Verb Records avec une sortie physique cassette en exemplaires très limités. Le label est tenu par un des membres du groupe Bleib Modern qui nous avait déjà fait une sortie cassette de Motorpsychold avec Poison Point.

En ce qui concerne l’actualité du groupe justement, on a également une sortie de prévue mi-juillet avec notre label Third Coming Records. Un 7” deux titres, avec Roses & Lies, ainsi qu’un clip pour le second morceau : Imaginary Veil.

La release party du disque se fera le 23 juillet au Klub à Paris, avec 1919.

Poison Point : Facebook

Propos recueillis par L.G. entre mai et juin 2017.

 

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