[Chrönique] Hercynia Sylva – Le culte des forêts – Album – 2017

Autoproduction

Dark rock / Gothic metal

France

CD

 

« C’est un mot ancien, un nom oublié que les hommes ne savent plus prononcer

Il vient de loin, il vient du passé, d’un passé glorieux que nous avons renié »

 

Ces paroles du morceau FOXP2 (le nom d’un gène qui joue un rôle dans l’évolution du langage chez l’homme) exprime d’une façon assez synthétique la nature profonde d’Hercynia Sylva : faire entendre les choses que nous avons oubliées, mais qui toujours en nous vivent au rythme des battements de nos coeurs ; elles sont encore là au plus profond du mystère de nos chairs, elles ne demandent qu’à être redécouvertes, et réactivées…Voilà, qui brosse, en quelques mots, l’univers d’Hercynia Sylva.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas ce groupe, on peut rapidement vous dire que ces musiciens sont originaires du Grand Est de la France, de Lorraine plus exactement, que le groupe est né en 2012 du travail commun d’Alban Blaising et de Fabrice Bernadin. Sous cette forme deux albums ont été enregistrés Hercynia Silva en 2014 (chronique)  et Dyeus Pater en 2016 (chronique). Enfin, il faut savoir que le duo est en 2017 rejoint par Didier Ducouloux en tant que second guitariste afin de participer à la réalisation de ce troisième album qui nous intéresse aujourd’hui.

Si le premier album était drapé d’obscurité et le second majoritairement de lumière, ce troisième album en est, sur le plan esthétique, une sorte de synthèse, alors que sur le plan musical il délaisse un peu l’électronique et le post-punk qui étaient bien présents sur les deux précédents opus pour laisser des influences metal prendre plus de place. Ces dernières sont largement dominées par celle du gothic metal, le bon à la Paradise Lost, My Dying Bride et Anathema. On pensera aussi à Nigthfall, ou plus faiblement à Tiamat.

Là où Hercynia Silva perd en étrangeté, et en diversité, il gagne en efficacité et en puissance ! Il reste néanmoins des influences, plus rock dans certains plans, et électronique dans le chant lorsqu’il est trafiqué et qu’on le dirait sorti d’un morceau d’electro pop ! Plus de metal ne veut pas non plus dire brutalité outrancière et laideur à tous les étages, ici, c’est l’harmonie qui est recherchée, pas celle qui serait le fruit d’une uniformisation, mais celle de la nature, qui peut être sauvage, l’harmonie des sociétés où les hommes en sont encore, celle du cosmos, celle qui nous dépasse, nous enveloppe et qui nous a inspiré nos archaïques spiritualités. On notera aussi le contraste entre les mélodies oniriques, qui irriguent les compositions d’une aura mystique et irréelle, et le chant chant écorché et éructé qui apporte un dose d’agressivité contrôlée… Il y a donc dans cet album de la maîtrise, mais aussi quelque chose de sauvage et dangereux.

Dans l’ensemble Le culte des forêts est bon (deux titres me semble plus faibles : Baba Yaga et Les Morts Impurs ) et montre un Hercynia Sylva qui a gagné en maturité et force. Si l’univers du groupe attise votre curiosité vous pouvez vous diriger vers notre interview d’Hercynia Sylva.

Hercynia Silva : Facebook

L.G.

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