[Chrönique] Iurta – Notes Towards A Mental Breakdown – Album – 2017

Cyclic Law

Dark ambient/industrial

Portugal

CD

Guidé par les écrits de J. G. Ballard – dont l’oeuvre sombre et sophistiquée à entres autres inspirée Joy Division et Human League – et par les films d’Andreï Tarkoski (Solaris, Stalker, Le Sacrifice, etc.), le premier album du duo portugais Iurta, composé de J.A. (Wolfskin, Karnnos) et A. Coelho (Sektor 304), Notes Towards A Mental Breakdown, se présente comme un manifeste dédié à folie.

Si l’album se présente comme un tout où chaque chanson est une petite part de cette démence gagnant peu à peu l’esprit, on peut néanmoins distinguer deux parties. La première, où le travail de J.A. et notamment celui au sein de son projet folk ambient Karnnos se fait sentir, est principalement dominée par de longues nappes glaciales et de légères sonorités noise. L’univers ainsi créé est froid, urbain, fantomatique et claustrophobe .Les ambiances évoquant la folie, ou plutôt la naissance de la folie, sont réussies et ce tout particulièrement sur les titres Organic Units et Continuous Fluctuations ; ils jouissent d’une dimension sensorielle qui stimule l’imaginaire d’une façon visuelle.

La seconde partie met quant à elle en avant le travail de A. Coelho (alias Sektor 304, un projet indus/noise). Dès le titre Spinal Levels, l’ambiant, sans passer au second plan, laisse plus de place aux sonorités noise et industrielles, dont la nature est pour le moins…dérangeante. La folie gagne du terrain, s’installe, et prend ses aises. Vient ensuite Virtualized qui enfonce le clou en matière d’ambiances malsaines donnant à la folie l’image d’un insecte nous dévorant de l’intérieur. Si la première partie peut se voir comme un « calme avant la tempête », la seconde EST la tempête. Le titre Fragmentation Field, alternant passages calmes et harsh noise, est schizophrénique à souhait, l’esprit est déchiré, noyé dans un océan de démence, de psychose, de névrose….  L’album, au fur et à mesure qu’il se construit, nous déconstruit pour nous laisser ici, errants avec notre folie, nos illuminations (Illumainated Man). Pauvres de nous !

Avec Notes Towards A Mental Breakdown, Iurta réussit le pari d’évoquer un thème maintes fois abordé (avec plus ou moins de justesse et d’originalité) de manière intelligente, rivalisant avec les travaux de Kammerheit, Cities Last Broadcast ou encore Raison d’Être. Ce premier album du duo portugais, apparaît comme un must have pour les amoureux de dark-indus ambient.

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Moriae Encomium

 

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