[Chrönique] Mahr – Antelux – Album – 2018

Fallen Empire Records

Atmospheric black metal

Cassette

Mahr, terme germanique désignant des êtres folkloriques malveillants apportant de mauvais rêves aux Hommes durant leur sommeil, est le dernier né du Prava Kollektiv. Composé de membres d’Arkhtinn, il se fait connaître en cette année 2018 avec un premier album  signé chez le label Fallen Empire et intitulé Antelux . Composé de 4 morceaux et d’une durée de plus de 40 minutes, sa pochette semble faire référence à une version torturée du tableau de Füssli Le cauchemar et semble, donc, toute indiquée pour faire écho à la musique sombre et étouffante du groupe.

L’album commence aux premières notes du morceau Apostasy et immédiatement un souffle glacial et puissant nous arrive en plein visage à la découverte du son de Mahr : massif, percutant, grave et en même temps très astral. On est balayé par la force incroyable de ce mélange d’atmosphères menaçantes, parfois éthérées et lumineuses, et de grondements étouffants générés par les guitares. Le mixage n’est pourtant jamais brouillon et la voix éraillée ou hurlée vient se détacher de ce bouillonnement auditif comme une métaphore sonore de l’esprit angoissé errant dans ce chaos.

Black metal cet album l’est sûrement, mais pas que. Des guitares en tapping véloce, des parties atmosphériques magistrales et des passages doom suivi de blasts apocalyptiques viennent assurer la recherche de technicité et manifestent aussi une créativité dépassant la frontière d’une étiquette trop restrictive. Les morceaux Noctaeon et le génial Onirism viennent confirmer cet état de fait en proposant des alternances progressives d’ambiance, comme un voyage fantasmagorique dans nos propres cauchemars où notre cerveau est pris au piège de ses délires, ballotté par les vents violents de nos visions protéiformes et invincibles et dont la seule issue semble un réveil salvateur qui ne vient pas. On se sent piégé dans ce sombre univers sonore, hypnotisé par la qualité de cette réalisation. L’opus termine sa cauchemardesque cavalcade par le bien nommé Hypnophobia, promesse d’une angoisse certaine, si le sommeil nous emporte à nouveau : celle de revivre à nouveau ce rêve infernal dont Mahr a pavé les routes.

Expérience auditive fantastique, cette escapade dantesque dans les limbes oniriques qu’est Antelux est une réussite du début à la fin. Enfant monstrueux de Nyx et de Phobos, cet album semble l’incarnation sonore du plus orphéen des cauchemars, et ses versets ténébreux marqueront l’auditeur pendant longtemps. À écouter absolument.

Mahr : Bandcamp

Fallen Empire Records : Facebook

FSV

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