[Chrönique] Sadness – Rose/Lavender – Album – 2016 / 2017

Distant Voices

Depressive black metal

Etats-Unis

CD

Il est des groupes dont l’intitulé ne laisse aucun doute quant à ce qui va suivre musicalement, et Sadness en est l’un d’eux. One-man band américain aux tonalités dépressives, ce projet prolifique a déjà donné naissance à de nombreux albums (une dizaine…) en seulement 3 ans d’existence. Remontons un peu le temps, mettons de côté l’album et les deux EP actuellement sortis en 2017, pour se concentrer sur le Rose/Lavender de novembre 2016. Alors, la question qui se pose naturellement est  :  cette surproductivité est-elle le signe d’un goût prononcé pour le bâclage, ou est-elle le témoignage d’un déluge de créativité et de qualité ?


Constitué de deux titres plutôt longs (respectivement 16min39 et 26min21), cet opus ne nous donne que peu de liberté de mouvement. Au sujet des sonorités, rien de bien extraordinaire. Des ambiances éthérées, lointaines, mélancoliques, etc. Nous retrouvons tous les éléments déjà présents dès les débuts du projet inaugurés par l’album Close en 2014. Néanmoins, il nous faut souligner la progression en ce qui concerne le son. Là où l’aspect fantomatique et strident des débuts faisait naître une redondance au fur et à mesure des compositions, celui plus clair de Rose/Lavender permet une immersion relativement plus aisée. De plus, les ambiances ne sont pas sans rappeler (avec quelques nuances bien évidemment) des formations telles que Austere, ou Woods of Desolation… avec un côté plus planant. Sans faire preuve d’originalité, les morceaux brillent néanmoins de par leur qualité, voilà donc une esquisse de réponse à la question formulée en préambule !

En effet, composer de longs titres demeure un pari relativement risqué, mais fort stimulant. Déjà, le défi de garder l’auditeur captif d’un album sur une longue période en proposant plusieurs morceaux avec des durées plus conventionnelles, alors que celui-ci peut braconner à sa guise, est un acte créatif qui demande un certain investissement et du talent. Mais, lorsque vient l’idée et la volonté de faire un morceau d’une vingtaine de minutes, la difficulté s’en voit alors relevée d’un étage. Et Rose/Lavender en est un très bon exemple : les ambiances changent, les rythmes et tonalités fluctuent pour nous permettre un voyage à travers des sentiments qui résonnent en chacun de nous (mention spéciale pour les chœurs vers 17min30 sur Lavender). Ici, Sadness marque encore un bon point.

Il me semble inintéressant de décrire les morceaux car, contrairement à d’autres chroniques rédigées pour d’autres styles et où je fus marqué par un moment, par un riff, ou encore une rythmique. Ici, la problématique et l’approche me semblent différentes. La tension se crée, dans les ambiances et sur la longueur, et libre à chacun de vivre ce qu’il a à vivre… Parfois, le silence demeure plus éloquent, car Rose/Lavender s’adresse à notre subjectivité, à notre individualité, avant tout.

En conclusion, Rose/Lavender n’est pas une perle, mais il parle, il émeut et fait vibrer à condition qu’on s’autorise à s’y fondre. Pour moi, lors de cette froide soirée d’automne, dans ce train vide, à regarder les lumières des réverbères qui semblent danser dans le noir et les réminiscences qui les accompagnent, ce fut le cas. Alors, toi lecteur, toi qui lis cette chronique pour vivre un album dans les yeux d’un autre ou juste avec l’envie de savoir si cela vaudrait la peine de passer 40 minutes sur ce Sadness, écoute, ressens, et prends le temps de laisser parler la musique.

Sadness : Facebook

Distant Voices : site

Onbra Oscouŗa. 

 

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