[Chrönique] Soyuz Bear – Black Phlegm – Album – 2017.

Zanjeer Zani Productions

Sludge / doom metal

France

CD


Après une première démo datant de 2015 (Demo MMXV ) Soyuz Bear, originaire de Toulouse, a refait parler de lui fin 2017 avec un premier album plus solide.

Le doom / sludge du groupe y est acéré, dans le sens qu’il est aussi menaçant que le tranchant d’une machette, mais la plupart du temps il prend la forme de compositions boueuses et minimalistes qui sont franchement efficaces. On notera quelques emballements, quelques accélérations, qui relancent la machine quand il le faut.  En ce qui concerne, le chant il ne fait pas dans la dentelle ; il est primaire, direct et vindicatif. Il faut noter aussi que la production est bien réussie pour ce genre de musique et qu’elle met en valeur les compositions de Black Phlegm. Ce dernier contient aussi une piste dark ambient / noise qui fait son petit effet en venant rajouter un peu d’obscurité et de malaise à un album déjà bien sombre.

Black Phlegm  est le fruit d’une énucléation vigoureuse, car il est le miroir déformant de la réalité en ne laissant filtrer dans la musique qui l’anime à aucun moment un moindre rayon de lumière ; tout est noir, putride. Black Phlegm est une apologie du caniveau : l’auditeur est coincé dans une fosse septique  dysfonctionnelle, à jamais condamnée à l’immondice, l’humanité ne tient plus debout ; on se demande même si pour les Toulousains elle a pu, ne serait-ce qu’un jour, avoir en elle une once de stature.

Avec une telle description vous ne serez pas étonnés d’apprendre que les compostions de ce premier album ont en eux une fibre black metal, non pas à proprement parler dans la musique, mais plutôt dans son atmosphère nihiliste.

En à peine plus de 30 minutes, Black Phlegm nous convainc tant il prend à la gorge en rendant compte de l’état paroxyntique d’une humanité agonisante ; il ne faudra pas compter sur Soyuz Bear pour se porter à son chevet et encore moins trouver le remède qui la requinquerait. À la fois témoin et acteur dans un même mouvement convulsif, Soyuz Bear  s’enferme et nous enferme dans un enfer où règnent non pas de terribles et grandioses flammes éternelles, mais de froides cités en ruine, celles où nous vivons chaque jour, celles où nous mourons chaque jour. Soyuz Bear signe, donc ,un premier album insidieux et maladif.

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L.G.

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