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[Chrönique] Plasmodium – Entheognosis – Album – 2016 .

Satanath Records / Cimmerian Shade Recordings

Psychedelic black metal

Australie

CD

Brusquement sorti du néant en décembre dernier, le groupe australien a de quoi surprendre : ne serait-ce d’abord que par le nom du groupe et le titre de l’album (le terme Plasmodium désignant un parasite à l’origine du paludisme), ou par l’artwork qui semble un peu trop propre et intrigue qui le découvre : quel est ce monstre informe aux multiples yeux que chevauche une vieille femme au regard vide ?

Les choses ne s’arrangent pas si l’on s’attelle à l’écoute de l’album ou qu’on jette un coup d’œil aux paroles.

Plasmodium délivre un black metal lourd, poisseux et chaotique qui en déroutera plus d’un. Bien loin d’un son rituel et mystique à la Urfaust comme le titre aurait pu le suggérer (en grec ancien : connaissance en dieu), Psalmodium provoque le vertige comme une mauvaise possession. L’auditeur n’est plus un simple disciple qui va consulter l’oracle en quête d’une vérité, mais il devient l’oracle lui-même et se fait à son insu Pythie, une Pythie investie par le dieu de la déchéance psychique, au-delà même de la simple folie.

[Chrönique] Nocturne – Nocturne – album – 2016

Unlight Productions

Autriche

Black metal 

CD

  Sorti au début de l’année 2016 ce premier album de Nocturne malgré d’indéniables qualités est resté quelque peu dans l’ombre. La faute certainement au style de black metal pratiqué par le groupe fortement ancré dans les annés 90, à la fois dans ce qu’elles ont produit de meilleur et, disons, de plus kitsch… Le black metal des autrichiens est véloce, mélodique, brutal et bien produit (Necromorbus Studio, Suède) : il est le fruit d’une recette parfaitement maîtrisée et bien connue. La grande force de cet album réside d’une part, dans ses riffs aux colorations heavy et épiques, et d’autre part, dans la qualité de son chant et de ses variations (hurlé, chœurs, déclamé etc.). Ces deux éléments concourent à construire des compositions  variée et attractives. Ce qui renforcé par des passages de claviers qui intensifient l’aspect mélodique – la cinquième piste instrumentale, Nocturne, leur fait même une place importante -,  mais ils sont parfois trop proches de la série Z – ce qui j’en conviens peut avoir  son charme – comme par exemple sur Return To Chaos. Cet album apparaît finalement comme une oeuvre retro concoctée avec soin. Nocturne incarne une sorte de permanence nécessaire quoi qu’on en dise… L’album se clôture avec une reprise de  De Infernali, side project de Jon Nödtveidt (Dissection), ce qui vous laisse deviner – pour ceux qui connaissent – que les membres de Nocturne ont un goût prononcé pour le gros rouge qui tache. En définitive, un album classique, efficace, mais sans grandes surprises. 

Nocturne : Facebook

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L.G.

[Chrönique] Ion & Sophus – Love of One – Album – 2016

Frozen Light Records

Ambient / Soundscapes

Russie

CD

Une houle qui bat sans cesse pour façonner, vague après vague, un paysage rêvé, solitaire. La mer est le personnage central de любовь одного (Love of One), quatrième et mystérieux album du Russe Sergey Suhovik (Exit In Grey) sous le nom d’Ion & Sophus,  et le premier à bénéficier d’une sortie via l’écurie moscovite Frozen Light. Les synthés ne sont là que pour se laisser porter par cette marée montant durant près de 45 minutes, entre ambient et sonorités shoegaze. Les deux titres présentés ici peignent, chacun à leur manière, un rivage de la mer Noire. Sur la première ‘plage’ (c’est le cas de le dire), la houle fait entendre son roulement presque assourdissant dans un tableau crépusculaire, glacial. Comme si le monde s’endormait sur ce paysage salé. Il s’éveille à nouveau sur la deuxième plage, survolée de goélands et au son d’une mer apaisée. En 20 minutes, on semble pourtant vivre un voyage bien plus long. La chaleur des premiers instants, portées par des sons de synthé éthérés, fait lentement place à des nappes toujours plus denses et glaciales, comme si la nuit reprenait ce que le jour lui avait volé. Puis la marée se retire. L’aube point, la chaleur se fait à nouveau sentir. L’éternel cycle peut recommencer.

Ion & Sophus : site

Frozen Light Records : Bandcamp

AsCl3

[Chrönique] Gopota – Music for Primitive – album – 2016

(© Gopota)

LUCE SIA

Death industrial/dark ambient

Italie

Cassette

Deuxième méfait pour Gopota entité composée d’EVP (Vitaly Maklakov) et d’AA (Antonio Airoldi), ce dernier étant aussi responsable d’Empty Chalice, projet qui ne nous avait pas totalement convaincu avec This Way is Called Black. On peut dire en comparaison que c’est plutôt le contraire qui s’est produit pour Music for Primitive. Moins frontal, moins noise que Knots of Fear – le premier Gopota – bien que cette influence soit encore présente il prend des chemins plus insidieux et plus contrôlé. En effet, cette cassette est un brûlot death industrial qui ne laisse aucune chance à l’auditeur, et qui fait bloc en cinq pistes. Longues (exceptée l’intro) monotones, maladives elles dressent et dessinent les contours d’un bunker sonore où ne règnent que l’angoisse la plus pure. Les pistes de Music for Primitive semblent littéralement hantées par une humanité informe, désarticulée  : le langage y  prend par exemple le visage d’un amoncellement de borborygmes tétraplégiques (Meaningless). La piste suivante fait cohabiter chant grégorien, dark ambient agressif, des percussions éparses et des sons venus d’ailleurs pour un résultat plutôt probant dans son extrémisme et sa recherche obstinée d’une austérité inconfortable. Tandis que Attitude se fera quant à elle plus calme, plus ouverte grâce à sa vague mélodie lancinante ; elle invite à une sorte d’état méditatif étrange, un rêve éveillé où plane le malaise. Music for Primitive se clôture sur une perspective plus industrial soit environ 15 minutes qui renouent avec une violence latente, un point fermé, amer et vindicatif nous menace…Esthétiquement, avec ses photographies urbaines de mammifères désœuvrés Music for Primitive vient rompre les clichés du genre  – ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose. Un bien beau moment d’anti-musique frondeuse, âpre, et cauchemardesque, et qui paradoxalement semble secrètement nous dire que dans le néant il peut y avoir de la beauté .

Empty Chalice/Gopota : Facebook

LUCE SIA : Facebook

L.G.

[Chrönique] Valanx – Ouroboros – Album – 2016

Reverse Alignment

Dark ambient/drone

United Kingdom

CD

Valanx is the main outlet for Arne Weinberg, who also releases slightly more experimental work under his Solemn Embrace moniker and previously ran the multi-faceted (although, unfortunately, now defunct) diametric label. All is not lost, however, as he has risen from the ashes of that endeavour to focus, more specifically, on the world of ambient, dark drones with Cromlech Records.

His new album, Ouroboros, is akin to wandering through the deserted corridors of an abandoned spacecraft glumly meandering through the dark recesses of infinity. The lights flicker and fade, the oxygen is running out, and each purr of the engines rotations could be its very last. Yet, like the snake gnawing upon its own tail, this somehow continues on and on, beyond all willingly conceived expectations.

And almost as soon as the tarnished science-fiction pulses diminish, something more natural appears. Not quite earthly, but of this planet. Water. Water lapping against an unseen intruder – the electronic elephant in the (head)room.

This wild veering from an astute technocratic canvas to slower, more serene and unprocessed rhythms puts me in mind of the 2013 Jonathan Glazer film – Under The Skin (a film shot in and around Weinberg’s hometown of Glasgow). We are introduced to dark, foreboding, and unknowable technologies that glide through the night, haunting and chasing our assumedly secure existences, only to discover that the true hawker of terror is a far more familiar prospect; readily available and amongst us; in crowds, in wintery forests, in the desperation of stranger’s eyes.

This appears to be all too familiar to Arne Weinberg as he has somehow manage to coalesce the menace of grey city life with green hopelessness and then transpose that wholly into an audio tapestry that chills as often as it warms.

Valanx : Facebook

Reverse Alignment : Facebook

J.B.

[Chrönique] Mare Di Dirac – Fumes – Album – 2016

Dusktone

Electroacoustic ritual/concrete noise

Italie

CD


Switching from subtle intrigue to seemingly rancorous invocations, Lorenzo Abattoir, L.D. and Lo Ki – the members of Mare Di Dirac – deftly and, at times, confrontationally provide the soundtrack to a seemingly unfilmable sequel to Begotten..

Taking their name from a theory by the 20th century theoretical physician Paul Dirac which states that a vacuum must be full of a sea of infinite negative energy electrons, Mare Di Dirac employ this concept to inform, not only their rhythmic and harmonic approach but also, the sense of malignant dread that courses through this record from the initial scything synths. Tumultuous throat singing, that often recalls the early work of Attila Csihar with Sunn O))) and, on other occasions, brings to mind a well worn shovel dragged across a granite headstone in a measured and deliberate fashion, gouges a deep furrow for synthetic squeals and unrelenting bass motifs to maunder through. There are clashes of metal, lashes of seemingly sacramental fluid, and flashes of crackling flames. All of which colour the increasingly unsettling ritualistic atmosphere. Add to this a lurching conversation between strings, that the Greek drone trio Mohammad would be proud of, and urgent belligerent drums… And it soon becomes impossible to shake the feeling of a clandestine voyeur, peering through cracks in cave walls at candlelit ancient rites being wrought by the malevolent and hell-bent.

That Mare Di Dirac next plan to release a collaborative work with Russian musical collective (and previous tour support of the aforementioned Sunn O)))) – Phurpa – should come as no surprise considering the dedication to bludgeoning esoteric ritual on display here.

Mare Di Dirac : Facebook

Dusktone : Site / Facebook

JB.

[Entretien] Desecresy

Voici un entretien avec Tommi de Desecresy !

 

Vincent : Salutations françaises de Mithra ! Templezine. Pour commencer cette entrevue, peux-tu expliquer à nos lecteurs le sens exact du mot Desecresy ainsi que la raison de ce choix ? Cela sonne comme un jeux de mots entre desecration and heresy (profanation et hérésie), mais peut-être je suis complètement à côté de la plaque !

Tommi  : Salut, tu peux appeler cela un jeu de mots, et y ajouter “secrecy“ (le secret) aussi. Il n’y a pas de signification précise pour ce mot. Le sens est plus dans l’impression que dans une définition spécifique.

De part ses membres et sa musique en elle-même Desecresy peut être vu comme une renaissance depuis les cendres du brillant Slugathor. Pouvez-vous nous parler du split de ce dernier ? Quelle serait la différence principale entre ces deux groupes ?

 Desecresy est né des cendres de Slugathor mais dés le début les a transcendées. La principale différence est bien sûr le line-up. Certaines différences sont dans les structures des morceaux. En particulier les premiers qui étaient en apparence plus simples, mais construits avec plus de soin comparé à Slugathor. Les compositions de Desecresy ont généralement des mélodies principales, qui s’unissent comme avec une colle pour donner à chacune d’elle un caractère initial et une atmosphère, au lieu d’un solo de guitare qui surgit de temps à autre.  C’est la chose principale qui sépare Desecresy de  Slugathor et encore plus de la plupart des groupes de death metal. Slugathor était au bout de sa route. Je me sentais restreint dans la composition, et je suppose que les autres membres se sentaient frustrés du manque de prestations live. Ajoute à cela un sentiment de négativité accumulé toutes ces années. Aucune animosité à l’égard des autres gars, par contre, je tiens à le préciser. Allez jeter une oreille sur Cadaveric Incubator et Hostis Humani Generis. Certains membres originaux en font partie.
 
Vous jouez en tant que duo depuis le début, ça ressemble à l’union de deux fortes personnalités séparant la processus conceptuel et la création musicale. Pouvez-vous développer la façon dont vous exprimez des sentiments si morbides ?

 

La plus grande partie de notre collaboration s’appuie sur des discussions au sujet des thématiques et de la direction que nous voulons prendre dans le futur. Généralement, je présente les nouvelles chansons à Jano quand elles sont quelque peu prêtes, et lui travaille sur ses textes et les arrangements vocaux indépendamment. Je pense que les sentiments qu’expriment Desecresy sont plus sombres que morbides.

[Interview] Desecresy

Here an interview with Tommi from Desecresy.

Vincent : French salutations from Mithra ! Templezine. To begin this interview can you explain our readers the exact meaning and the choice of Desecresy? It sounds like a word play between desecration and heresy to me but perhaps am i totally wrong.

Tommi : Salut! You can call the name a word play and add secrecy in there too. There is no exact meaning for the word. The meaning is more in the feel of the word rather than some specific description.

From its members and the music itself, Desecresy could be seen as a reborn from the ashes of the brilliant Slugathor. Can you tell us about the split of this latter? What would be the main difference between these two bands?

Desecresy rose from the ashes of Slugathor but transcended to it’s own form the very beginning. Main difference is of course the different line up. Some musical differences are the song structures. Especially the early Desecresy songs were seemingly more simplistic, but constructed more carefully compared to Slugathor.

Desecresy songs usually have lead melodies as binding glue and to give each song an initial character and atmosphere instead of having a guitar solo popping up every once in a while. This is one thing separating Desecresy from Slugathor and even more from most Death Metal groups.

Slugathor came to the end of its’ path. I felt that we were restrained from creating new material, and I guess the others felt being restrained from playing live enough. Plus all the negativity that had built up over the years. No bad blood between me and the other guys today, I’d like to add. Check out the bands Cadaveric Incubator and Hostis Humani Generis. They have some former Slugathor members.

You play as a duo since the begining, it looks like a reunion between two strong entities, separating the concept processing and the musical creation. can you develop the way you express such morbid feelings?

Most of our collaboration comes in form of discussions about lyrical themes and the direction we want to take in the future. I usually present the new songs to Jarno when they are somewhat ready and Jarno works on his lyrics and vocal arrangements independently. I think the feelings Desecresy expresses are rather dark than morbid.

[Chrönique] Occultum – Towards Eternal Chaos – album – 2016

Old Temple

Black metal 

Pologne

CD

 

Depuis quelques années, la Pologne se replace comme une scène de choix au travers du macrocosme black metal. Né des cendres du projet Amarok, Occultum est une formation ayant sorti son premier album, Towards Eternal Chaos, l’année passée. Revenons donc sur une des nombreuses œuvres d’art noir qui ont constitué l’année 2016.

Pourvu de 7 titres, d’une longueur moyenne de cinq minutes chacun, Towards Eternal Chaos offre, dans un premier temps, un contact visuel avec une pochette relativement sobre et, il faut l’avouer, peu intéressante. Des éléments tels que les squelettes en prière/adoration, le triangle pointant vers le bas, *insérer le symbole occulte de votre choix*, ne sont pas sans rappeler une certaine « mode » qui sévit ces derniers temps. Néanmoins, de telles idées ont déjà amené des covers sublimes comme il nous avait été donné de voir avec Medico Peste et son א: Tremendum et Fascinatio (2012, Malignant Voices) ou Blaze of Perdition et le très bon Near Death Revelation (2015, Agonia Records). Dans notre cas, la pochette d’Occultum reste relativement en-dessous de ce qui peut être vu ailleurs. Mais, ne nous attardons pas sur des questions de visuel (bien que cela ait, à mon sens, une importance).

[News – Rattrapage 2016] Premier album pour Ketch (doom/sludge metal – États-Unis).

Intitulé The Anthems of Dread il est disponible sur le label Aesthetic Death depuis le 29 décembre 2016.

Cette édition contient aussi en bonus le premier EP du groupe.

Aesthetic Death : Site

Ketch : Facebook

L.G.