Tag Archives: Attenuation Circuit

[Chrönique] EMERGE – narcoses – Album – 2017

Attenuation Circuit
Allemagne
Experimental/noise/musique concrète
CD

Attenuation circuit est un label discret, mais prolifique en provenance d’Allemagne. L’ensemble des productions proposées se situe au confluent de la musique électroacoustique, concrète et de l’industriel bruitiste. Avec ce très pointilliste narcoses du projet EMERGE nous nous retrouvons plutôt en territoire acousmatique, un territoire jouant sur le miroitement de micro-sonorités, les métamorphoses, les craquements, les accidents et autres vibrations sensorielles. EMERGE est le projet de l’artiste Sascha Stadlmeier, également connu sous le pseudonyme de Dependenz. Cet album entend marqué un tournant vers une musique plus abstraite et conceptuelle que les productions antérieures qui elle se tournaient plus explicitement vers des textures ambiantes isolationnistes. Cet album est hermétiquement clos sur lui-même, véritable projection neuro-sensorielle au coeur d’un silence béat entrecoupé et perforé par des couleurs, vitesses, éclats et déplacements de sons parfois imperceptibles ou du moins fragiles. On est plongé dans une profonde apnée au coeur d’un paysage électroacoustique où les manipulations finissent par créer des effets imprévisibles, entre rupture, hasard et accident. L’auditeur sera attiré par des ambiances fractales, décentrées, rampantes et désincarnées. Le tout est très minimaliste, jouant sur la dynamique, la conjugaison des timbres, appelant à une écoute intuitive. Cette longue pièce est très difficile d’accès, pivotant autour d’un art sonore très abstrait dont la technique, le processus et le résultat n’est pas sans rappeler les sifflements ambiants microsoniques, quasi silencieux d’un Bernard Günter ou bien le radicalisme acousmatique de certains avant-gardes français tels que François Bayle, Michel Chion ou encore Francis Dhomont. Un voyage et une exploration cérébrale dans la matière sonore, sous la forme d’une décomposition en complexe multicellulaire, voilà comment l’on pourrait éventuelllement saisir par les mots cet album. Une oeuvre à conseiller  uniquement aux amateurs de musiques électroacoustiques dans ce qu’elles peuvent présenter de plus aride, exigeant et d’hermétique à l’écoute.

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P.B

[Chrönique] LDX#40 – struggling – EP – 2017

Attenuation circuit
Experimental/industrial
Allemagne
CDr

Présenté comme un projet visuel et audio  à multiples facettes LDX#40 laisse aussi une place importante à l’improvisation. D’autre part, LDX#40 se définit comme une entité en mouvement qui subit une transformation continue. Ici, avec Struggling nous sommes face à une longue piste expérimentale de plus de 20 minutes enregistrée live à Augsburg le 23/09/2016. L’atmosphère majoritaire est synthétique, futuriste et cyberpunk. Une tension s’installe par couche : une émeute se prépare entre dark ambient, noise et drone. L’équilibre entre les trois permet de construire un premier développement attractif balançant entre séquences rythmiques et sons futuristes. Struggling est à l’image de la description de LDX#40 : une piste en mouvement qui va progressivement connaître une mutation par le biais d’altérations successives pour se muer en autre chose. Plus expérimental, et plus abstrait le deuxième mouvement de Struggling – qui semble être finalement deux pistes mises bout à bout – fait cohabiter  des éléments technoïdes qui s’incrustent dans un bloc dark ambient aux vibrations menaçantes. Cette seconde partie est, donc, sous le signe du contraste. Sombre, synthétique laissant une place à l’inattendu  Struggling  présente un travail en bien des points captivant, mais qui de par sa nature – un CDr de 22 minutes – n’atteint pas la profondeur immersive d’un album.

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L.G.

[Chrönique] Modelbeau – Neither Nor – Album – 2017

 

Attenuation circuit

 

Experimental/noise/ambient

 

Pays-Bas

 

CDr

Neither Nor de Modelbeau est un ovni musical signé chez les allemandes d’Attenuation Circuit déjà reconnu pour ces outrances sonores aux confins de la musique post-industrielle, de la noise music et des sonorités électro-acoustiques « éventrées » et hautement toxiques. Cet album est constellé de résonances « dronisantes » obtenues à l’aide de générateurs de sons à partir desquels des modulations stridentes fréquentent quantité de motifs obsessionnels, répétitifs et hypnotiques. Le climat est volontairement oppressant, déroutant et nihiliste. La démarche y est singulière, sensible, surprenante et très intériorisée. Les aplats et continuum se marient avec différents enregistrements en extérieur retraités et manipulés pour le propos de l’album. Quelques pistes, irriguées par une vision fondamentaliste, témoignent d’un goût plus qu’appuyé pour le minimalisme radical. Comme la majorité des albums publiés sur ce label, l’approche est hermétique et difficile, mais révèle des choses ambitieuses et dignes d’intérêt. La tension parfois retombe pour laisser entrevoir des textures sonores plus pures et caressantes, voir quasi somnambuliques. Ce mélange de subversion bruitiste et d’apaisement minimaliste peut parfois se rapprocher des pénombres sonores et organiques d’un Nocturnal Emissions ou d’un Maurizio Bianchi. Difficilement classable et recommandable pour les fans d’expérimentations soniques et de microtonalité.

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P.B

[Chrönique] Am.Else – Walled-off – Album – 2017

 
Attenuation Circuit

 

Ambient/drone/noise/field recordings/experimental

 

CDr

Attenuation Circuit est un label indépendant originaire d’Augsburg et dont la production est dédiée aux audaces expérimentales, industrielles et électroniques sans réelle distinction de genre. Ce dernier est actif depuis les années 2000 et est né de l’initiative de Sascha Stadlmeier alias Emerge. L’essentielle des parutions est proposée dans un double format, Cdr et numérique.
Alm.eise est déjà un artiste « maison » qui nous offre ici un très isolationniste, abstrait et post-apocalyptique Walled-off. La tendance industrielle, aliénante et glauque est bien au rendez-vous dans ce nouvel opus on ne peut plus cérébral et inquiétant. Les plages s’enchainent pour dévoiler une partition digne de fin du monde ou bruitages métalliques, cramoisis et rouillés côtoient des manipulations de textures sonores amorphes, parfois cybernétiques et enveloppantes. Des voix malades, détraquées et bourrées d’échos, viennent noircir le tableau.
On s’enfonce inexorablement dans une brume cafardeuse et cauchemardesque où aucune lueur d’espoir n’est envisageable. En bref Walled-off est une plongée dans un univers post-industriel décadent, atmosphérique et froid qu’on saura sûrement conseiller aux amateurs de paysages sonores agonisants et mouvementés de Whitehouse SPK, Chris & Cosey, Nurse with Wound et j’en passe.

 

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P.B

 

[Chrönique] KH’LULU – Short letters for a long seperation – Album – 2017

Attenuation Circuit
Noise/experimental
Serbie
Cassette

Short Letters for a long Seperation est sans nul doute l’une des plus intéressantes et originales réalisations parues chez Attenuation Circuit. Cet album est celui du projet KH’LULU. Les pièces en présence sont de véritables toiles mémorielles où s’entrecroisent des bribes de souvenirs, des fragments ininterrompus de silence et de réverbérations à grand renfort de samples et de manipulations de corps sonores. Le tout est peuplé de mélodies en perdition, s’autodétruisant et aux accents parfois mélancoliques et fantomatiques. Une poésie sonore des plus glauques s’échappe de masses informes, comme en lévitation. Cet album propose un trafic incessant de toiles sonores cinématiques, psychédéliques et névrotiques. Le côté urbain, bruitiste et industriel des autres productions d’Attenuation Circuit reste d’actualité. Néanmoins cette ritournelle en péril, en panique et errante se rapproche plus des délires acousmatiques et des traitements croisés de Philip Jeck ou Robert Millis réalisés à partir de vieux disques. Il s’agit d’un album encore une fois très difficile d’accès, parfois rebutant, mais suffisamment onirique et mystérieux pour retenir l’attention et inviter l’auditeur à se noyer dans cet insondable théâtre de revenants.

 

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P.B

[Chrönique] I’ve Seen Demons – I’ve Seen Demons – Album – 2017

Attenuation Circuit

Drone/dark ambient/experimental/noise

Tape

I’ve Seen Demons appears to be a sonic excavation of the interiors of both animal and mineral. The first of the two untitled tracks concerning itself with the latter of these entities.

A steady driving drone speaks of industrial machinery. This is then accompanied by the echoed clink of distant hammers upon rock. Bystanders drum and chant as if exorcising an evil presence from this sacred land. Radio static bleeds snippets of orders through, too muffled to guide but laced with enough panic to warn. I’ve Seen Demons’ bass cavalcade shifts from a tranquil, steady yet firm ploughing march to a suffocating ritual dirge on the first half of this forty minute meditation. Mournful strings and keys soon arise as if unsettled spirits had spooked this section to a close.

The later and longer untitled cut on I’ve Seen Demons is like being inserted into the ailing body of a dying asthmatic. The heartbeat is infrequent and fading. Breath crackled and struggling as death approaches. Lungs give out and voices seem to seep in from a drifting outside. Reverberating flatlined signals are drowned out by a dark rumble of fear and realisation. Drums count out these last few moments like antsy pallbearers pacing up and down prior to shoulder time. A sound like tumbling soil slowly creeps in. The electrical signals in the brain become disrupted and erroneous. Everything slows down. Drifts. Fades. And then, like a mangled Nurse With Wound last hurrah of life, Psychic TV’s Just Drifting warbles in.

I’m not kidding.

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J.B.

[Chrönique] Exedo/Alexander Adams – Split – Album – 2017

Attenuation Circuit

Drone/experimental/noise

Tape

This release for German label Attenuation Circuit comes from the twin noiseniks of Alexander Adams and Exedo. The latter of which is the “evil side project of EMERGE” who also happens to be AC’s head honcho.

Exude makes music that is not for your consumption. It is for their devouring of you. This corrodes. Gently at first, like an arctic breeze blowing through an abandoned camp amongst deep fjords and steep mountains. But then it amps up into a full scale assault by the four stags of Yggdrasil. From Dáinn and Dvalinn to Dunker and Duraþrór a static blast rages and with it comes squalls of feedback and unhinged melody. This is too easy to dismiss as noise. Those that immerse themselves in the cacophony will find layers of loss and longing beneath the troubled exterior.

Alexander Adams takes a slightly different approach on his section – Stink Flower Rot. Here the sounds of all of your favourite 80s video games are simultaneously mangled and swept into a black hole. The scattered flurry of stuttering bleeps rallies and surges as if refusing to go quietly into that good night. This is the sort of glitch-frenzy that might be summoned from the tachycardic chart of a dying animal, thrashing in the jaws of a patient predator.

Adams has opted for two juxtaposing movements within his twenty minutes. Where the first half is pure disorder and panic, the latter section is far less hurried. Slow drones rumble along and are interspersed with anxiety-inducing metallic shrieks. It is akin to stepping back from a gaping molten chasm that has snaked its scorching way across the earth. We watch in horror as clods of earth, vegetation, and dependable buildings fall away into a natural furnace. All submit. And then all that we are left with is a post apocalyptic sonic gust.

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J.B.

[Chrönique] Sudaria – The Syncretic Labyrinth – Album – 2017.

Attenuation Circuit/Sphingidae

black industrial/dark ambient/drone

Espagne

Cassette



In a binary existence, the idea of quantum suicide can be engaged in order to convince us of our own immortality – we exist only in a world in which we haven’t died. All other universes, however, contain a rotting corpse that looks uncannily similar to ourselves. Unfortunately, not all life and death scenarios are quite so black and white and it is this nagging knowledge that could have led Miguel Souto to protect himself with these nine sonic mantras.

The Syncretic Labyrinth is a dark, contemplative and often hellish joint release from the German Attenuation Circuit and Spanish Sphingidae labels. Ghostly winds and strained, shrieking guitars set the tone on opening track Veils of the Syncretic Maya before a low drone edges in, paving the way for a frightening chugging as if feral pistons were rampaging through rain-drizzled streets. Kapala then pours its gloopy way into the skull of its audience. A thick, blackened bass rumble squeezes into your cranial space as unrelenting, reverb-chained, metallic thuds pound out in the approaching distance. Voices gasp in reverse like a solemn message escaping from the Black Lodge before being replaced by a pained guitar painting the aural landscape. This shifts from solitary notes to driving chords, whipping up a growing sense of tireless toiling – the slog of existence peppered with a glimmering light through wretched gloom.

The labyrinthine cacophony (of which Borges would be proud) that Sudaria has formed sidles easily from tormented industrial clangs, through leaden techno for sleepwalkers, and into a stained dark ambience via the tectonic-plate-bothering plod of some inconceivable colossus. A gentle sea of consciousness is sporadically cleft apart by softly comforting snippets of travelling trams, trains, and trucks, grounding this in the gritty present. A bluster slips by. Lofty ideas can be born in these waters but heads must stay out of clouds. A melancholy piano desperately collapses and Arvo Pärt’s choral chants lie under a canopy of drones. These paranoid yet hypnotic soundscapes give the final moments of this record an ethereal and phantasmagorical quality.

Sudaria : Facebook

Attenuation Circuit : Facebook

Sphingidae : Bandcamp

J.B.

[News] Un album pour Sudaria (black industrial/dark ambient/drone -Espagne).

Intitulé The Syncretic Labyrinth il est disponible en cassette via Attenuation Circuit et Sphingidae.

Sudaria : Facebook

Attenuation Circuit : Facebook, site

Sphingidae : Bandcamp

L.G.