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[Entretien] Fleurety

(c) Trine + Kim

Fleurety n’en fait qu’à sa tête. S’il n’en avait qu’une, cela pourrait encore se passer sans heurt. Mais ils sont deux – Svein Egil Hatlevik et Alexander Nordgaren – à piloter cette improbable entité démoniaque. En plus de 25 ans de carrières, mais en trois albums seulement, les Norvégiens ont montré les innombrables facettes de leur bestiole. Dix-neuf ans après la sortie de Department Of Apocalyptic Affairs, The White Death rompt le silence, dévoilant un groupe toujours aussi insaisissable. Entretien avec Svein Egil Hatlevik.

AsCl3 : Depuis ses débuts en 1991, Fleurety a toujours été un projet montrant des visages différents à chaque sortie. Ceci est d’autant plus vrai depuis votre retour en 2008 et les divers EP parus depuis. Quel est, selon toi, le dénominateur commun du son «Fleurety»?
Nous n’avons pas de mission particulière, ni de message à faire passer. Si ce n’est affirmer jouer du «true Ytre Enebakk black metal» (Ytre Enebakk est un village norvégien de la région d’Oslo, ndlr).

En 9 ans, Fleurety a sorti quatre EP, mais le premier «vrai» album n’arrive qu’aujourd’hui. Pourquoi ?
Alexander Nordgaren, le guitariste, et moi, vivons depuis de nombreuses années sur deux continents différents. Il n’est pas aisé pour nous de nous retrouver et de «répéter». Tout au plus, le temps à disposition nous a permis d’accoucher d’un ou deux titres par session. Notre principal souci, ces dernières années, a été de maintenir Fleurety en activité, d’une manière ou d’une autre. Il nous semblait plus judicieux de sortir quelques EP de manière ponctuelle que de ne rien sortir du tout.

 

En sortant deux titres à la fois, sur des 45 tours, tu peux te permettre d’explorer différentes voies. Il en va autrement d’un album. Étiez-vous animés par un souci de cohérence d’ensemble?
Oui, totalement. Nous voulions que The White Death sonne comme un tout : comme un seul groupe interprétant différentes chansons dans une même pièce. Nous avons été attentifs lors des enregistrements à l’emplacement des micros, à nos réglages… Tout cela dans le but d’avoir un son cohérent à l’arrivée. Les titres te mènent peut-être dans des directions diamétralement opposées, mais le son général est maîtrisé et ses variations restreintes.

[Chrönique] Fleurety – Inquietum – Compilation – 2017

Aesthetic Death

Post-black metal avant l’heure

Norvège

CD Digipack

En ressuscitant Fleurety en 2009, l’indécrottable Svein Egil Hatlevik (alias Zweizz) avait promis la sortie de 666 « 45 tours ». Quatre EP en huit ans, à ce train-là, l’ultime pièce de la série paraîtra aux alentours de l’an 2344… Ambitieux objectif donc, et en attendant la cinquième offrande au démon, le duo norvégien a décidé de rassembler les neuf compositions réalisées depuis son retour sur un seul support et, pour la première fois, sur CD. Ceux qui ont raté les très clandestines récentes sorties de Fleurety s’en réjouiront. Les fans de la première heure également. Car c’est davantage dans l’esprit de Min Tid Skal Komme – premier opus qui posait en 1995 les jalons de ce que la critique baptiserait plus tard « post-black metal » – et du mini Last-Minute Lies (1999) que s’orientent désormais les Norvégiens, que vers le foutoir déglingué de Department Of Apocalyptic Affairs (2000). En effet, Bruitiste, violent, mal produit, Ingentes Atque Decorii Vexilliferi Apokalypsis ressuscitait en 2009 l’esprit de la deuxième vague du black metal, ce petit grain de folie qui a toujours caractérisé Fleurety en plus.