[Chrönique] Time Lurker – Time Lurker – Album – 2017.

Les Acteurs de l’Ombre

Atmospheric black metal

CD / Vinyle

France


Projet solo du Strasbourgeois Mick, Time Lurker arrive sur la table à décortiquer par le biais du label Les Acteurs de l’Ombre, bien connu pour avoir une belle écurie comprenant les talentueux Regarde Les Hommes Tomber, Déluge ou encore Au-Dessus, pour ne citer qu’eux. L’album éponyme est sorti en 2017 et fait suite à son premier EP I. sorti un an plus tôt. L’œuvre nous livre par ses 7 titres et sa cinquantaine de minutes un black atmosphérique dépressif aux relents post-metal. Son univers Lovecraftien, sa dimension spatiale et sa densité musicale vont étreindre l’auditeur tout au long de ce voyage auditif.

Comme la pochette de l’album de Time Lurker nous le suggère, nous arrivons devant cette porte cosmique afin d’en franchir le seuil au son des premières cordes du morceau Rupture. Une mise en bouche onirique qui enchaîne sur une saturation grondante et massive. Le son de Time Lurker est compact, riche et profond. Une intention violente et une écriture musicale riche et travaillée vient dissiper au fur et à mesure de l’écoute tous les doutes restants sur les capacités de Mick à nous emmener dans son univers noir, étouffant et chaotique, alternant phases rythmiques accrocheuses et des moments planants de recueillement. Les guitares s’évadent parfois en soli inspirés au fil du morceau, la batterie exprime avec brio sa présence et la voix est éraillée, comme un cri déchirant par-dessus le voile instrumental dont Time Lurker nous drape avec talent.

Ça continue avec Judgment, véritable uppercut musical asséné à l’auditeur encore endolori par le précédent morceau. Nappes de blast beats accompagnées de guitares dissonantes et dramatiques sont au rendez-vous, la haine et la misanthropie semblent suinter dans nos oreilles à chaque seconde de la plus merveilleuse des manières. Les morceaux de l’album s’enchaînent et on ne peut que reconnaitre à Time Lurker d’appliquer sa formule à merveille avec Ethereal Hands et Reborn. Certains passages frôlent l’état de grâce comme dans No Way Out From Mankind, hymne torturé au chant cryptique tourbillonnant au-dessus de nos têtes et à la composition magistrale.

Chaque morceau est comme une porte franchie, nous emmenant à travers le temps et l’espace comme dans le morceau Passage qui vient comme un lien mystique nous amener à la fin de l’album via Whispering From Space. La réverbération glaciale de la caisse claire se perdra dans la tourmente vocale et le chaos des guitares viendra ensuite éteindre la flamme de cet album, nous laissant encore enveloppé des cendres sonores de ce brasier vivant qu’était l’album de Time Lurker. Tel un maçon adroit, il vient de graver son nom sur la face des immenses colonnes de marbre noir du temple de la musique extrême.

Time Lurker  : Facebook

Les Acteurs de l’Ombre : Facebook

FSV

 

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